Ils’agit essentiellement, dans le cas de l’Algérie à la période coloniale, des archives du gouvernement général ainsi que de celles
Cecentre, rattaché à la Faculté de droit d’Alger, fonctionne grâce à une double subvention annuelle du Gouvernement général d’Algérie (40 000 F) et de l’Ecole libre des Sciences Politiques (20 000F), et aux montants des droits d’inscription (voir : Droz Bernard. "L'Institut d'études politique d'Alger (1949-1962)". In:
LesFrançais débarquent en Algérie. Le 14 juin 1830, les troupes françaises débarquent près d'Alger en vue d'une petite expédition punitive destinée à restaurer le prestige du gouvernement. Mais, de malentendu en malentendu, on va déboucher sur une conquête longue et brutale et sur une tragédie coloniale qui va meurtrir la France
Réalisépour le compte du Gouvernement Général de l'Algérie, ce film fait l'inventaire de tous les bienfaits, au niveau social et politique, prodigués par la France à l'Algérie après quatre années de guerre et de privations : -
Lacrise de mai 58 marque donc l’arrivée du général De gaulle au pouvoir. De Gaulle apparaît dès lors comme l'« homme providentiel » pouvant résoudre la crise. « Prêt à assumer les pouvoirs de la République », il forme alors un gouvernement et fait voter une nouvelle constitution, établissant un régime parlementaire et présidentialiste taillé sur mesure. Ainsi il
Biland' activités du Secrétariat Général du Gouvernement au titre de l'année 2020 (version arabe) Conseil du Gouvernement. Le compte rendu du Conseil du Gouvernement du 21 juillet 2022. E-services. Conseil du gouvernement. Professions réglementées. Associations. Avant-projets de textes à commenter. réclamations relatives aux commandes publiques . commande
Lesdeux hommes réclament le retour à la tête de l’Etat du général de Gaulle, en qui ils voient un garant du maintien de l’Algérie dans la France. Celui-ci est nommé chef du gouvernement le 1er juin, faisant adopter une nouvelle Constitution – celle de la Ve République – en septembre, avant d’être désigné président et d’enclencher le lent processus
kbMu. Reminder of your requestDownloading format TextView 1 to 1420 on 1420Number of pages 1420Full noticeTitle Délégations financières algériennes / Gouvernement général de l'AlgérieAuthor Algérie Période coloniale. Délégations financières. Auteur du textePublisher Imprimerie et papeterie Galmiche AlgerPublisher Imprimerie officielleImprimerie officielle AlgerPublication date 1914Relationship textType printed serialLanguage frenchFormat Nombre total de vues 142863Description 1914Description Consultable en ligneRights Public domainIdentifier ark/12148/bpt6k5428587nSource Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-LK19-355Provenance Bibliothèque nationale de FranceOnline date 01/12/2010The text displayed may contain some errors. The text of this document has been generated automatically by an optical character recognition OCR program. 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THESMAR 8e — Tlemcen. si r '-il i §1 m I i*.& P Su Su — 3 — •k , 1ÉÎ 1THH8 HllIlillUS AIMIIIKS ' il - 1/Délégation des Contribuables Colons Département d'Alger MM. CÔLOMIÈS ire Cire. Rue Michelet, 105, Alger. DËLPHIN 2e — Rue Léon Vaudoyer, 6, Paris. TAQUIN. 3e — Aïn-Bessem. AYMES 4e — Haouch Serkadji Chebli, Alger. • ; ÔUPAILLE... . 5e — Rue Joinville, 6, Alger. RIVAILLE.. .. 6e — El-Biar. BERGER-YACHON. 7e — Rue d'Isly, 72, Alger. GRANIER 8e — Mirabeau. Département d'Oran MARÉCHAL ... lre Cire. Sidi-bel-Abbès. CARRAFANG . .2e — Mascara. LACOSTE 3e — Relizane. LAMUR ...... 4e — Oran. BONS........ 5e — Aïn-Témouchent. SABATIER... • 6e — Boulevard de la République, 6, Alger. BASTIDE..... 7e — Sidi-bel-Abbès. THESMAR 8e — Tlemcen. — 4 — Département de Constantine BONNEFOY ... lre Cire. Constantine. BARRIS DU PENHER 2e — Rue Halévy, 16, Paris. BARBEDETTE. . 3e — . BoulevardCarnot, 9,Alger. ZÉVACOA... 4e — Constantine. BERTAGNA ... 5e — Bône. DEYRON 6e — Souk-Ahras. SIDER 7e — Constantine. AUDUREAU. .. 8° — Boulev. Carnot, 25, Alger. 2° Délégation des Contribuables non Colons Département d'Alger MM. LEFEBVRE. ... lre Cire. Rue de la Liberté, 4, Alger. DE REDON ... 2e — Boulevard Carnot, 27, Alger. BENOIT 3e — Arba. BERARD 4e — Blida. X 5e — RICCI 6e — Blida. ROBERT J. . 7e — Orléansville. VÉROLA 8e — Place d'Isly, 2. Département d'Or an GIRAUD*. lre Cire. Rue Dumont-d'Urville, 2, Alger. PETIT 2e — Mascara. BORIES 3e — Mostaganem. — 5 — Hue 49 — Bd Bon-Accueil, 28, Alger. DURET 5e — Oran. DESCOURS 6e — Saint-Denis-du-Sig. LISBONNE 7e — Sidi-bel-Abbès. TÉDESÇHI 8e — Rue d'Isly, 33, Alger. Département de Constantine CUTTOLI lre Cire. Batna DE CERNER .. 2e — Bône. GALLE 3S — Bougie. MORINAUD ... 4e — Constantine. JÔLY 5e — Guelma. PICOT 6e — Constantine. PASSERIEU... 78 — Philippeville. GAUTHIER ... 8e — Sétif. 3° Délégation des Contribuables indigènes Section Arabe Département d'Alger > MM. SAÏAH MOHAMMED BEN HENNI lre Cire, Orléansville. BEN SIAM MOHAMMED 2e Cire, Hussein-Dey. BEN BOUALI EL HADJ 3e Cire, Orléansville. Département d'Or an BBNCHÊNANE MOHAMMED OULD KADDOUR lre Cire., Mascara. ALI MAHIEDDINE 2e Cire, Oran. rue Wagram, 28. BELBACHIR MAZARI OULD MOULEY ALI 3e Cire, Sebdou. — 6 — Département de Çonstantine SIHILI TAÏEB BEN BELKACEM lre Cire, Jemmapes. LEFGOUN MOHAMMED BEN EL HASSEN 2P Cire, Çonstantine. BENHABILÈS AMOR 3e Cire, Chevreul, commune mixte de Takitount. Division d'Alger Si MOHAMMED BEN AHMED BEN DIF, Bon-Saâda. MOHAMMED TAÏEB BEN NADIR, Bou-Saâda. Division d'Or an YAHIA OULD BEL ABBÈS, El-Aricha. SAHRAOUI BEN MOHAMMED, Trézel. Division de Çonstantine Si MOHAMMED BEL HADJ BEN GANA, Barika. Si ALI BEY BEN MIHOUB BEN CHENNOUF, Khenchela. Section Kabyle Département d'AIger MM. ARESKI MEZIAN BEN ARESKI lreCire, Azazga. YAHIAOUI MOHAMMED BEN SAÏD 2e Cire, Fort-National. Si SALAH SI AHMED BEN MOHAMMED 3e Cire, TiziOuzou. AIT SALEM BEN AMAR 4P Cire, Tizi-Ouzou. Département de Çonstantine BEN ALI CHÉRIF AHMED BEN ABDERRAHMANE lre Cire, Akbou. OURABAH ABDERRAHMANE 2e Cire, Oued-Amizour. _ 7 — ARRÊTÉ Le gouverneur général de l'Algérie, Vu l'article 10 du décret du 23 août 1898 sur les délégations financières algériennes, ARRÊTE Article 1er. — Les trois délégations financières algériennes sont convoquées à Alger, en session ordinaire, le jeudi 14 mai, à trois heures de l'aprèsmidi. l'aprèsmidi. Article 2. — La session de chaque délégation s'ouvrira le même jour. Article 3. — Le secrétaire général du gouvernement est chargé de l'exécution du présent arrêté. Fait à Alger, le 22 avril 1914. Le Gouverneur général, Charles LUTAUD- — 8 .— Suite donnée aux voeux émis par la délégation des colons dans la session de 1913 ADMINISTRATION GÉNÉRALE Voeu tendant à ce que les commandes d'imprimés administratifs soient fentes dans la plus large proportion au profil de l'industrie algérienne page 721. Service des postes et des télégraphes M. le ministre des finances, à qui la question a été soumise, a répondu qu'après examen fait de concert avec M. le ministre de l'intérieur, il n'a pas paru possible de renoncer en principe à la fourniture des imprimés du service algérien des postes et des télégraphes, par l'imprimerie nationale. Il a ajouté, toutefois, qu'afin de concilier dans toute la mesure équitable les divers intérêts en cause, il ne voyait pas d'inconvénient à ce qu'il soit fait appel au concours des imprimeurs algériens en cas d'urgence ou lorsqu'il en résulterait une économie notable et démontrée pour le budget spécial. Mais, dans ce dernier cas, il importerait, suivant lui, que les services algériens fissent connaître, au préalable, les conditions qu'ils ont obtenues de l'industrie locale de telle sorte qu'à prix égal, l'imprimerie nationale puisse revendiquer la commande. Voeu tendant à ce que l'Algérie prenne l'initiative d'accorder des avantages aux pères de familles nombreuses page 44. Les avantages à accorder aux pères de familles nombreuses sont à la fois d'ordre fiscal, social et national. Au point de vue fiscal, c'est surtout dans un sys- I;l — 9 — de as, ren ren DS e pèant pèant de tème d'impôt sur les revenus que les déductions et dégrèvements pour charges de famille peuvent être efficacement appliqués. La question se trouve ainsi liée, en grande partie, à une réforme du régime impositaire actuel. Au point de vue social et national, de nombreuses propositions ont été formulées. Une commission a été instituée dans la métropole, en vue d'examiner les mesures susceptibles d'être prises en faveur des chefs de familles nombreuses. L'administration estime qu'il y a lieu d'attendre les résultats des délibérations de cette commission, en vue d'examiner, le moment venu, la possibilité d'étendre à l'Algérie les résolutions qui auront été adoptées. ADMINISTRATION DÉPARTEMENTALE Voeu tendant à l'amélioration de la situation du personnel des préfectures page 586. Ce voeu a été soumis à l'examen de la commission chargée de l'étude de l'amélioration de la situation de l'ensemble du personnel des administrations algériennes. Voeu tendant à la création de classes en faveur des dactylographes des préfectures page 588. Ce voeu a été signalé à l'attention de MM. les préfets de qui relève exclusivement le personnel des dactylographes des préfectures, qui est rétribué sur les fonds du budget départemental. -';"''f ;,'.' ''''' '; .'!'}, _"-;. Mes 'les \et SISADMINISTRATION SISADMINISTRATION Voeu renouvelé tendant à l'érection du centre des Trois-Marabouts en commune de plein exercice page 89. Il ne pourrait être donné satisfaction à ce voeu — 10 — qu'en procédant au démembrement de la commune mixte d'Aïn-Temouchent et en rattachant les diverses parties de cette unité administrative aux communes de plein exercice limitrophes. Mais, ainsi qu'on l'a déjà fait connaître, la réalisation de cette mesure aurait pour conséquence de faire passer sous le régime de droit commun une superficie de 43,963 hectares, habitée par 8,000 indigènes, ce qui est contraire aux instructions ministérielles interdisant lincorporation aux communes de plein exercice de territoires indigènes où l'élément colon est encore peu important. Voeu renouvelé tendant à l'érection du centre de Montgolfier en commune de plein exercice page 90. Par dépêche du 14 mai 1913, M. le préfet d'Oran a été autorisé à soumettre à l'instruction réglementaire le projet d'érection du centre de Montgolfier en commune de plein exercice. Voeu tendant à l'érection du centre de Fornaka en commune de plein exercice page 742 L'instruction du projet d'érection du centre de Fornaka en commune de plein exercice ne pourra être utilement reprise que lorsque l'aliénation de l'ancien domaine de l'Habra aura été définitivement réalisée. Mais, d'ores et déjà, le service des domaines a été invité à examiner la possibilité de créer, au moment de cette aliénation, des lots formés exclusivement de territoires compris entre le périmètre de Fornaka et l'oued Tinn, qui pourrait ultérieurement servir de limite naturelle à la future unité administrative. Voeu tendant à Vagrandissement de la commune de Khenchela page 735 Il n'est pas possible de donner satisfaction à ce — 11 — voeu. L'annexion de douars à la commune de plein exercice de Khenchela ne serait pas autorisée par le pouvoir central qui est hostile au rattachement aux communes de plein exercice de territoires où l'élément colonisateur n'a pas encore suffisamment pénétré. Il y a lieu de remarquer, d'ailleurs, que la commune de Khenchela dispose de ressources suffisantes pour assurer le fonctionnement normal des services municipaux. Voeu tendant au rattachement des communaux de Bëni-Yahi à la commune de Noisy-les-Bains page 719. À l'instruction. Voeu tendant à ce que la commune mixte d'AïnTemouchent d'AïnTemouchent supprimée et que les différentes parties de son territoire soient, ou érigées en communes de plein exercice ou incorporées à des communes déjà existantes page 599. L'administration ne peut que se référer aux explications explications données l'année dernière à la délégation délégation des colons à la suite d'un voeu tendant à l'érection du centre des Trois-Marahouts commune de plein exercice. Les études très approfondies auxquelles la question été soumise, tant de la part de la préfecture d'Oran que du gouvernement général démon. tré l'impossibilité de démembrer la commune mixte d'Aïn-Temouchent. Ce démembrement entraînerait, en effet, morcellement des douars compris cette circonscription administrative et leur partage entre les communes de plein exercice voisines qui embrassent une superficie de 92,000 hectares peuplée de 20,000 indigènes. Avec l'adjonction des territoires de la commune mixte, cette superficie se trouverait portée à — 12 — 180,000 hectares avec une population de 37,000 indigènes. Au point de vue de la sécurité des personnes et des biens il y a un intérêt évident à ce que des territoires aussi vastes et aussi peuplés restent rattachés à une commune mixte, la surveillance de l'administrateur étant beaucoup plus effective, en raison des moyens d'action dont il dispose, que celle d'un maire. Voeu tendant à l'assimilation du personnel des bureaux des communes mixtes à celui des commis de préfecture page 606. Ce voeu est soumis à la commission chargée d'examiner les améliorations qu'il y aurait lieu d'apporter à la situation des fonctionnaires et agents de l'administration algérienne. ADMINISTRATION PÉNITENTIAIRE Voeu relatif a la création de bagnes et de colonies de relégués dans /'extrême-sud page 300. L'administration ne peut que maintenir l'avis qu'elle a formulé l'an dernier au sujet de cette question elle estime que la création de bagnes et de colonies de relégués dans l'extrême-sud ne pourra être examinée avec intérêt que lorsque le parlement, saisi de la proposition de loi Chautemps, Chautemps, aura statué sur le principe du maintien ou de la suppression de la transportation pénale. D'après les études auxquelles elle s'est livrée, il résulte que la construction bâtiments nécessiterait, nécessiterait, à seule, un sacrifice pécuniaire important, important, à six millions au moins. Bien entendu, cette indication est très approximative, et, pour préciser les conséquences financières du projet, il conviendrait, semble-t-il, de faire effectuer, sur place, une enquête approfondie sur les conditions dans lesquelles pourrait fonctionner la nouvelle organisation. — 13 AFFAIRES INDIGÈNES Voeu relatif à la participation des fonds de douars dans la construction des voies de communication page 94. L'administration ne peut que réitérer la réponse précédemment faite à ce voeu. Il appartient aux communes qui disposent de prestations pour les chemins vicinaux et ruraux, de faire face aux dépenses de construction des voies de communication reliant plusieurs sections communales. Il est impossible d'obliger les indigènes des douars, qui sont déjà astreints, comme les autres contribuables, aux prestations, à concourir une deuxième fois à l'aide de leurs fonds spéciaux à des dépenses de ce genre. Voeux tendant au maintien des pouvoirs disciplinaires des administrateurs de commune mixte page 201. Ces voeux ont été signalés en temps utile à l'attention de M. le ministre de l'intérieur. Depuis la chambre des députés a adopté un projet de loi, actuellement soumis au vote du sénat, qui réduit le nombre des infractions à l'indigénat dont pourront connaître les administrateurs des communes mixtes. Voeu de M. Lafon tendant à ce que les commissaires enquêteurs des enquêtes partielles, puissent rechercher les moyens d'accès sur les terres objet de l'enquête page 704. Des instructions très précises ont été adressées en vue de rappeler aux commissaires enquêteurs et plus particulièrement aux opérateurs chargés de l'établissement des plans, les règles actuellement 14 en vigueur sur la reconnaissance et le levé des chemins existants. Il leur est prescrit en outre de faire figurer sur les pièces de l'enquête, procès-verbal et plan le chemin ou les droits de passage qui auront fait l'objet d'une revendication formelle et explicite des intéressés, lorsque le lot à desservir est séparé de la voie publique par des terrains soumis comme ce lot à l'enquête partielle poursuivieVoeu poursuivieVoeu les enquêtes partielles page 858 Voir réponse aux plénières. Voeu de M. Bons, tendant à l'amélioration de toute urgence des enquêtes partielles en terrain arch et le retour, par les moyens légaux, à l'application pure et simple de la loi de 1873 complétant le sénatus-consulte de 1863 page 613. La procédure d'ensemble instituée par la loi du 26 juillet 1873 a été abrogée par la loi du 16 février 1897 qui, aux enquêtes globales effectuées d'office, substitue l'enquête individuelle facultative. La plupart des considérations qui ont amené le parlement à voter l'abrogation du système des procédures d'ensemble ont conservé toute leur valeur, et un projet de loi destiné à instituer un retour à l'ancienne législation aurait peu de chances d'aboutir. Au surplus, indépendamment des frais énormes que provoquerait la francisation globale et d'office de la propriété indigène, et qui entraîneraient le budget algérien dans une aventure très dangereuse, la conservation du statut successoral musulman vouerait la réforme à un échec certain. En ce qui concerne spécialement l'exécution des enquêtes arch que l'auteur du voeu exprime le désir de voir aboutir rapidement, l'administration espère, si les assemblées financières lui en donnent la possibilité matérielle, en réduire les délais dans des proportions très appréciables une année en moyenne. ! — 15 AFFAIRES MILITAIRES Allocation de primes d'arabe et de berbère aux officiers et sous-officiers du 19e corps page 715 Dans sa séance du 6 juin 1913, la délégation des colons avait adopté un voeu de M. Carrafang, tendant à l'attribution aux officiers des corps et services du 19e corps, versés dans la langue arabe et berbère, d'une prime allouée sur les mêmes bases que les primes accordées aux fonctionnaires civils. Le chef de service avait mis la question à l'étude de façon à déterminer les conséquences financières de la proposition et à préparer les demandes de crédits nécessaires en temps opportun. Par une dépêche en date du 27 décembre, le ministre de la guerre a fait connaître que son département préparait un projet de décret ayant pour objet d'instituer des primes en faveur des officiers et sous-officiers remplissant les conditions requises au point de vue de la connaissance complète de l'une ou l'autre langue. Dans ces conditions, il paraît inutile de prévoir l'allocation de primes sur le budget de la colonie. Le projet du ministre donne entière satisfaction au voeu des délégations. Voeu tendant à la distribution gratuite de cartouches aux sociétés de tir page 710. Le texte de ce voeu a été transmis à M. le ministre de la guerre qui, à la date du 18 décembre 1913, a répondu dans les termes suivants J'ai l'honneur de vous faire connaître que l'allocation gratuite de 200 cartouches à chaque membre actif des S. A. G. d'Algérie, qui comptent actuellement environ membres, représente une dépense de x 200 x 0 fr. 12 = 360,000 fr. Or, la somme inscrite au projet de budget de 1914 au titre de la préparation militaire en Algérie, 16 n'est que de 62,200 francs correspondant aux allocations normales. Par suite, l'adoption de la mesure proposée par le gouverneur général aurait pour conséquence de grever le budget d'environ 300,000 francs. D'autre part, si cette proposition était prise en considération, il en résulterait probablement une démarche de l'Union des sociétés de tir de France, tendant à une allocation supplémentaire en faveur de ces sociétés. Quoi qu'il en soit, l'administration de la guerre ne pourrait être en mesure d'assurer la délivrance des cartouches demandées pour l'Algérie, que si la somme sus-visée 300,000 francs environ était mise à sa disposition. » AGRICULTURE Voeu tendant à accorder aux vétérinaires sanitaires, soit par la création d'un vaste syndicat interdépartemental, soit par tout autre moyen 1° Une amélioration notable de leur situation; 2° Un avancement au choix, à l'ancienneté; 3° La stabilité dans leurs fonctions ; 4° Le droit à l'obtention d'une retraite page 869 Il est dans les intentions de l'administration d'appeler les agents du service vétérinaire sanitaire à coopérer au service de l'élevage dont l'organisation est à l'étude. A ce titre, il sera possible d'apporter une amélioration à la situation de ces agents par l'allocation d'indemnités spéciales. Voeu tendant à obtenir de l'administration l'étude par une commission technique d'un programme d'ensemble pour l'amélioration du cheptel algérien, ainsi que de la transformation du service sanitaire actuellement existant en service d'éle- — 17 — vage colonial analogue à ceux de l'Asie el de l'Afrique française page 863. La question de la création d'un service d'élevage est envisagée par l'administration comme le complément indispensable de la réorganisation des services agricoles. Elle doit être soumise à une commission qui fonctionnera prochainement. Voeu tendant à ce que l'administration, par toutes mesures à sa disposition, encourage la production et l'élevage du bétail et que parmi ces mesures soit appliquée immédiatement celle consistant dans la création de syndicats d'élevage, création conseillée par les professeurs départementaux et spéciaux d'agriculture, par les vétérinaires dans leur circonscription, chacun de ces fonctionnaires démontrant aux agriculteurs les dangers de la monoculture et les avantages certains, indiscutables de la production raisonnée, économique du bétail en général et plus particulièrement du boeuf et du mouton page 701. La réalisation de ce voeu sera examinée au moment de l'organisation du service de l'élevage, question qui doit être soumise à une commission spéciale. Voeu tendant à la destruction des campagnols page 710 L'institut Pasteur d'Algérie, qui pendant ces derniers temps a étudié, d'une façon toute spéciale, la question virus destiné à détruire les rongeurs, est arrivé à posséder deux races de virus B. Murium Danysz et B. tiphi spermophilorum Mereshkousky, qui donnent toute satisfaction. Le premier est actif en particulier contre les rats et même les rats d'égouts, le second est pathogène pour un certain nombre d'autres rongeurs, tels que les souris. L'institut Pasteur tient ces virus à la dis2 dis2 — 18 — position des administrations et des particuliers contre le remboursement du prix de revient 4 francs la bouteille de 900 grammes environ, soit 5 i'r. 75 avec l'emballage et' le port. D'après les indications fournies par l'institut Pasteur, le service sanitaire maritime emploie le B. Typhi murium dans le port d'Alger pour la destruction des rats d'égouts. Voeu tendant à favoriser le greffage des oliviers par l'allocation de primes pour le greffage des olivettes communales aux communes sans ressources page 583. L'administration est déjà entrée dans les vues de la délégation en accordant en 1913, pour greffage de leurs olivettes, des subventions aux communes ne disposant pas de ressources suffisantes. Voeu tendant à favoriser en Algérie, la production d'une orange tardive page 509. Le service botanique a reçu du consul de France à Murcie des greffes de l'oranger de Berna ». Ces greffes seront expérimentées par les soins de ce service qui publiera le moment venu le résultat de ses essais. CHEMINS DE FER Création d'un train de nuit entre Tiaret-Relizane Mostaganem et Oran page 57. La solution la plus économique et la plus rationnelle pour la création d'un train de nuit entre Oran-Tiaret et Tiaret-Oran consiste dans le prolongement sur Tiaret du train 89 qui arrive à Relizane à 23 h. 38 et sur Mostaganem du train 90 qui arrive a Relizane à 23 h. 33. Cette amélioration coûterait approximativement 19 pour le trains 89 Frs. pour le train 90 Soit-ensemble Le service du contrôle, d'accord avec l'administration des chemins de fer algériens de l'Etat, estime que la création de ces trains de nuit n'est pas justifiée pour les raisons suivantes 1° Le mouvement des voyageurs entre les points extrêmes a atteint seulement en 1912, 8 par jour en moyenne soit -2,772 d'Oran sur Tiaret et 2,865 de Tiaret sur Oran; 2° Les relations sont plus rapides et moins coûteuses en empruntant la voie entre Oran et Relizane; en effet, un voyageur parti de Tiaret par train 90 prolongé arriverait à Oran, par train n° 2 à 8 h. 07, alors qu'il y serait déjà parvenu par train 9 à 6 h. 58, après s'être reposé 4 heures à Relizane. Inversement, le voyageur parti d'Oran pour Tiaret, arriverait à destination vers 4 h. 30, heure bien incommode au lieu de 9 h. 36 par voie Etat; 3° Le parcours toutes voies Etat est augmenté de 39 kilom. et le prix du vovage en 3e classe de 2 fr. 40. Création de trains express légers entre Oran et Mostaganem, Oran, Mascara et Saïda page 82 La nouvelle marche des trains donne satisfaction à ce voeu. Le train I rendu direct d'Oran à Saïda gagne 58 minutes sur le précédent horaire; le train 4 de Saïda à Oran, nouvellement créé, gagne 2 h. 10 sur l'horaire du train 14. Entre Oran et Mostaganem, le nouvel horaire accuse un gain de 50 minutes environ. — 20 — Voeux tendant 1° A la création de trains de nuit directs entre Oran-Tiaret et Tiaret-Oran; 2° A l'augmentation de la vitesse des trains entre Mostaganem et Tiaret; 3° A la délivrance de billets aller et retour de gare à gare sur tous les réseaux et de réseau à réseau, page 707. 1° La création de trains de nuit entre Oran-Tiaret et Tiaret-Oran n'a pas paru devoir être poursuivie, en raison de la dépense assez élevée qui en résulterait et de la faible fréquentation probable de ces trains. Une réponse plus complète a été donnée à propos du même voeu émis dans la séance du 19 mai 1913 ; 2 La nouvelle marche des trains donne satisfaction à ce voeu; elle prévoit deux trains dans chaque sens entre Oran et Mostaganem, avec un gain sur le précédent horaire de 50 minutes en moyenne. 3° Une décision gouvernementale a homologué des propositions communes présentées par les administrations de chemins de fer en vue de la délivrance de billets aller et retour de toute gare à toute gare des réseaux algériens d'intérêt général. Le voeu a ainsi reçu satisfaction. Voeu tendant à Vagrandissement de la gare de Sidibel-Abbès page 58 La compagnie a fait connaître qu'elle ne pourra procéder à cet agrandissement qu'après avoir obtenu le renouvellement du fonds pour travaux complémentaires qui est aujourd'hui presque épuisé. Une commission instituée par M. le gouverneur général étudie cette question. En attendant la compagnie a repris les pourparlers avec l'administration militaire pour obtenir la — 21 — cession d'une bande de terrain nécessaire à cet agrandissement Construction d'un abri à voyageurs à la gare de Sainte-Barbe-du-Tlélat pour le réseau de l'OuestAlgérien l'OuestAlgérien 67. La compagnie de l'Ouest-Algérien a fait connaître connaître son fonds pour travaux complémentaires étant presque épuisé, elle ne peut adresser des propositions propositions que pour l'exécution de travaux tout à fait urgents nécessaires à son exploitation. L'agrandissement de l'abri du Tlélat n'ayant pas ce caractère, il ne lui est pas possible de donner satisfaction au voeu émis. Elle estime d'ailleurs que cet abri sera inutile le jour, qu'elle espère prochain, où ses trains pourront leur parcours sans transbordement au Tlélat. Voeu tendant à ce qu'un passage intérieur libre mais surveillé, soit livré aux voyageurs et à ceux qui les accompagnent dans la traversée des voies et de l'Etat à Relizane page 75. Le passage demandé existe, mais l'administration l'administration des chemins de fer algériens de l'Etat et la compagnie d'accord avec le service du contrôle, estiment qu'il doit être exclusivement réservé aux voyageurs munis de billets directs et aux portefaix qui les accompagnent. Cette mesure est conforme aux prescriptions de l'article 57 de l'ordonnance du 15 novembre 1846, modifiée par le décret du 1er mars 1901, qui interdit d'une façon absolue de pénétrer, sans y être autorisé régulièrement, dans l'enceinte du chemin de fer, d'y circuler ou d'y stationner. La situation paraît d'ailleurs être très sensiblement améliorée par la mise en vigueur des nouvelles dispositions du tarif n° 102 qui permettront la délivrance de billets aller et retour de toute gare à toute gare des réseaux algériens d'intérêt général. — 22 — Voeu tendant à la création d'un pont à bascule à la gare de Laverdure page 85. En renouvelant ce voeu, la délégation a fait remarquer que le nombre d'expéditions serait sans doute plus élevé si la gare possédait une bascule et que beaucoup de transports faits par charrettes seraient confiés au chemin de fer, si la gare pouvait offrir au public les commodités que demanderait la région essentiellement forestière. La compagnie, après un nouvel examen de la question, a estimé que l'installation d'un pont à bascule à la gare de Laverdure serait sans influence sur le trafic de cette gare, les transports par charrettes étant trop onéreux pour que les commerçants de la région y aient recours. ! Le service du contrôle a partagé cette manière de voir. Le trafic de la gare de Laverdure a été de nouveau jugé insuffisant pour justifier dans cette gare l'installation d'un pont à bascule. Voeu tendant à ce que les passages à niveau soient barrés par une traverse horizontale peinte en blanc, se relevant au moyen d'un contre-poids p. 86. Les administrations ont été saisies de ce voeu; elles n'ont pas encore fait connaître leur réponse. Voeu tendant à la création à Tlemcen d'ateliers de réparation pour le matériel de la ligne de Tlemcen à Beni-Saf page 582. Il sera créé à Tlemcen un dépôt avec petit atelier pour les réparations courantes de la ligne. Quant aux grandes réparations, elles seront effectuées aux ateliers de Perrégaux. 23 - Voeu tendant à améliorer les installations de la gare de Descartes page 699. La compagnie de l'ouest-algérien a fait connaître que l'épuisement de son fonds pour travaux complémentaires ne lui permettait d'entreprendre que des travaux très urgents ou intéressant la sécurité, mais que l'amélioration des installations de la gare de Descartes serait examinée dès que sa demande de renouvellement du fonds pour travaux complémentaires aurait reçu une réponse favorable. Voeu tendant à ce que l'arrêt de Fornaka soit transformé en gare avec personnel permanent et que le train de 6 heures du matin allant sur Perrégaux et Oran et de 8 heures du soir venant d'Oran ' sur Perrégaux, s'arrêtent une minute à Fornaka page 727. Le trafic de l'arrêt de Fornaka a atteint seulement, en 1912, les chiffres ci-après Tonnage des marchandises, tonnes. Mouvement des voyageurs, Pour 1913, la comparaison des résultats des neuf premiers mois avec la période correspondante de 1912, fait ressortir une diminution de 87 tonnes de marchandises et une augmentation de 457 voyageurs. L'administration des chemins de fer algériens de l'Etat et le service du contrôle estiment que le trafic de cet arrêt est insuffisant pour justifier sa transformation en gare; cette modification n'aurait, d'ailleurs, pas pour effet d'augmenter le tonnage des expéditions. En effet, la plus grande partie des productions de la région, à l'exception des céréales, est déjà remise au chemin de fer; ces dernières sont transportées au port de Mostaganem, éloigné seulement de 25 kilomètres, par les intéressés eux-mêmes, avec leurs propres véhicules ou par des entrepreneurs de roulage à des prix moindres que ceux du — 24 — chemin de fer et qui défient toute concurrence. L'établissement d'une gare ne modifierait pas la situation. D'autre part, le mouvement des voyageurs 4 par jour en moyenne au départ a paru trop faible pour nécessiter l'arrêt des trains directs 1, 2 et 4; mais, l'administration réseau a prévu au dernier horaire, l'arrêt d'un nouveau train à 17 h. 38, venant d'Oran. Voeu tendant à la création de billets circulaires en Algérie page 64. Après examen de ce voeu en conférence par les administrations de chemins de fer d'intérêt général de la compagnie a adressé la réponse suivante à M. le gouverneur général Nous avons l'honneur de vous faire connaître que le système des billets circulaires n'a pas paru aux administrations algériennes de chemins de Page 311. Dans le budget de 1914, les crédits nécessaires ont été prévus pour la création de trois emplois d'inspecteur-adjoint, un dans chaque département, et de trois bureaux, l'un à Aumale, l'autre à Mostaganem, le troisième à Tiaret. Dans le budget de 1915, l'administration se propose de demander l'inscription de nouveaux crédits pour faire face à la création d'un inspecteur et d'un rédacteur dans le département d'Oran et 101 à l'ouverture de quatre bureaux à Médéa, Vialar, Aïn-Temouchent et Relizane. Ces mesures, qui répondent au voeu reproduit ci-dessus, renforceront beaucoup l'action du service de l'enregistrement et permettront notamment d'assurer d'une façon plus efficace la répression de la fraude. FORÊTS Voeu relatif au reboisement du massif du Djebel Ighlem page 444 Un arrêté gouvernemental en date du 15 mai 1913 a autorisé le service forestier à. poursuivre la constitution d'un périmètre de reboisement d'environ 400 hectares comprenant les boisements domaniaux, communaux et particuliers situés au lieu dit Djebel Ighlem, dans le bassin de l'Oued Saïda. Les enquêtes en vue de la déclaration d'utilité publique de ce périmètre se poursuivent actuellement et cette affaire est appelée à recevoir une prompte résolution. En attendant, des travaux ont été entrepris au cours de l'exercice dernier sur les parcelles domaniales et communales. Ils ont consisté dans le reboisement par semis ou plantations d'une surface d'environ 10 hectares. Les essences employées ont été le pin d'alep, le chêne vert et l'acacia. La dépense s'est élevée à 2,320 francs. Ces travaux vont être poursuivis cette année. Voeu tendant à renvoyer à la commission de révision des traitements, l'étude des modifications à apporter à la situation du personnel des eaux et forêts. Selon le désir exprimé par la délégation, la commission de revision des traitements a été saisie de l'étude des modifications à apporter à la situation du personnel des eaux et forêts. 102 — HABITATIONS A BON MARCHE Voeu tendant à ce que les sociétés d'habitations à bon marché soient subventionnées sur le produit des jeux page 694. Voir réponse aux colons. Voeu tendant à ce que l'administration examine avec, la plus grande bienveillance les questions intéressant les sociétés d'habitations à bon marché page 695. Voir réponse aux colons. Voeu tendant à ce que par voie d'échange, l'administration militaire abandonne les terrains qu'elle possède à proximité des villes pour gîtes d'étapes, champs de manoeuvres, bivouacs, etc. et que les terrains devenus ainsi disponibles, ainsi que ceux déclassés dans les termes de la loi du 14 janvier 1890 soient cédés par l'intermédiaire des communes, ou, directement, aux sociétés coopératives d'habitations à bon marché, dans les conditions du décret du 2 août 1912 page 697. Voir réponse aux colons. IMPÔTS Voeu tendant à ce que l'administration fasse toute diligence pour que l'impôt sur la propriété non bâtie soit appliqué dès 1915 page 667. Les assemblées financières ont décidé que la contribution foncière des propriétés non bâties serait basée sur la valeur locative; elles ont voté, à cet effet, une décision actuellement soumise à l'examen du conseil d'Etat, en vue de son homologation par décret. Dès que ce décret aura été promulgué commenceront les opérations de réception des déclarations et — 103 — d'évaluation. Le rapport, distribué aux délégations, sur les travaux préparatoires les expériences effectués effectués 1913, contient toutes indications indications utiles la durée probable des travaux d'évaluation des propriétés non bâties. INSTRUCTION PUBLIQUE Voeu relatif subventions accordées aux départements et communes pour la construction d'écoles primaires page 173. A l'étude. Voeu relatif à l'orientation donner à renseignement des indigènes. La délégation des non colons s'est associée à la motion ci-après de M. Morinaud La délégation entend ne se prononcer sur la nouvelle orientation qu'il convient de donner après accord avec le métropolitain, à l'enseignement des indigènes que sur des propositions claires et nettes de l'administration et, en attendant les proposition elle maintient le statu-quo » page 280. Des projets relatifs l'enseignement des indigènes ayant été soumis gouvernement métropolitain, l'administration, d'accord avec l'autorité académique, et conformément au voeu de délégation estime qu'il y a lieu de maintenir le statuquo attendant que le gouvernement métropolitain ait fait connaître ses vues. JUSTICE Voeu tendant à la création d'une 2e chambre au tribunal de Blida page 699 Le projet de budget de 1915 comporte les crédits nécessaires à cette création à compter du janvier 1915. — 104 — POSTES, TÉLÉGRAPHES ET TÉLÉPHONES Voeu tendant à la création d'un timbre poste algérien Voir réponse aux colons. Voeu tendant à la fourniture des imprimés des postes et télégraphes par l'industrie algérienne page 683. Voir réponse aux colons. Voeu tendant à créer dans la métropole des centres d'examen pour le recrutement du cadre colonial des postes et des télégraphes page 689. Cette question fait actuellement l'objet d'une étude de concert avec l'administration métropolitaine. PROPRIÉTÉ INDIGÈNE Voeu de MM. Cuttoli, Ricci, Vérola, Morinaud . La délégation des non colons adopte la proposition faite par les commissions des départements de Constantine et d'Oran, demandant le retrait des prescriptions de la circulaire de M. le gouverneur général en date du 10 juillet 1911, relative à l'interdiction de l'entrée en jouissance des acheteurs. A condition 1° Que le prix de vente stipulé dans la promesse de vente ait été intégralement payé ; 2° Que la possession de l'acquéreur continue celle tout au moins annale du vendeur. » Les recommandations contenues dans la circulaire visée ci-contre résultent des dispositions mêmes de la loi du 16 février 1897. Le conseil d'Etat, dans son avis du 13 mars 1902, a fait ressortir d'un côté que si rien ne s'oppose à ce que les acquéreurs de terrain arch ou sabega prennent l'initiative d'une procédure d'enquête partielle, il doit être bien entendu que les effets —. 105 — utiles de leurs acquisitions restent subordonnés à la sanction du gouvernement général dans les conditions fixées par l'article 13 de la loi. Cette restriction s'impose, puisque c'est l'enquête partielle seule qui permet de reconnaître l'état réel de la possession, seul critérium de la vocation du détenteur au droit de possession. Il ne peut dès lors pas être question de tolérance en pareille matière l'administration risquerait, en procédant différemment, de sanctionner des droits inexistants ; de se voir frustrer de ses droits à la revendication des terres vacantes fréquemment usurpées; et de spolier les véritables ayants droit aux immeubles enquêtes, lesquels ne sont pas toujours les auteurs des contrats de vente invoqués par les acquéreurs; enfin, de faire naître des difficultés inextricables dans le cas de ventes multiples consenties par un même détenteur. Par ailleurs, les transactions intervenues doivent satisfaire à certaines conditions de moralité, l'administration se réservant le droit d'intervenir lorsqu'elle se trouve en présence de ce cas de spolialion ou de spéculation manifeste. Le conseil d'Etat, lui, a, à cet égard, reconnu le droit de refuser son homologation aux procédures se trouvant dans l'un de ces deux cas. Il est dès lors, légalement et pratiquement, impossible d'autoriser les requérants à faire acte de propriétaires en s'installant sur les terres acquises avant l'homologation de la procédure. Il y a lieu d'ajouter que les préoccupations dont s'inspire la motion ci-contre deviendront pour ainsi dire sans objet, le jour où l'administration disposera des moyens qu'elle demande aux délégations financières de lui fournir et qui lui permettront de liquider les procédures d'enquête dans les délais restreints. SÉCUPJTÉ Voeu demandant que l'administration tienne la main à ce que les polices des villes et villages de l'Algérie soient laissées à leur rôle de police mu- 106 nicipale et ne soient pas absorbées abusivement par toutes sortes de missions qui appartiennent à d'autres catégories de fonctionnaires et de magistrats page 72. L'attention de MM. les préfets a été tout particulièrement appelée sur cette question, afin que le personnel des polices municipales ne soit pas absorbé abusivement par toutes sortes de missions, sortant du cadre de ses attributions. M. le procureur général près la cour d'appel d'Alger saisi également du voeu dont il s'agit, a, d'autre part, adressé une circulaire dans le même sens à tous les substituts de son ressort. Il y a donc tout lieu d'espérer que les abus signalés ne se renouvelleront plus. Dans tous les cas, l'administration veillera à ce qu'il en soit ainsi dans l'avenir. Voeu tendant à ce que la gendarmerie soit mieux adaptée aux besoins réels de la sécurité en Algérie page 72. Bien qu'en Algérie, comme en France, la gendarmerie ait été instituée pour veiller à la sûreté publique et assurer le maintien de l'ordre, il y a lieu de considérer qu'elle est également chargée de certains services très importants, services prévus par des dispositions législatives et réglementaires auxquelles elle ne peut se soustraire. Aucune modification ne saurait donc être apportée au fonctionnement actuel de cette arme par l'administration de la colonie, et seuls les départements ministériels intéressés pourraient, après entente, élaborer un nouveau règlementLe règlementLe de l'état de choses actuel semble donc s'imposer, pour le moment du moins; il convient toutefois d'ajouter que la gendarmerie, grâce à ses chefs actuels, a reçu depuis quelque temps, une impulsion qui est de nature à la soustraire à certaines occupations en dehors de la mission de surveillance qui lui incombe au premier chef. 107 D'autre part, l'administration s'est préoccupée, dès l'année dernière, de faire reconduire en chemin de fer, par les convois hebdomadaires, les détenus administratifs^ qui étaient auparavant conduits de brigade en brigade. Cette mesure a eu pour effet immédiat en soulageant considérablement le service des brigades, de leur permettre de porter leur action sur d'autres objets et de multiplier, notamment, les tournées en pays indigène. Voeu tendant à la création d'une brigade mobile de sûreté à Khenchela page 72 Voir réponse aux colons. SERVICES MARITIMES POSTAUX Voeu tendant à ce que les paquebots de la ligne Alger-Marseille et vice-versa fassent escale à Ajaccio tous les quinze jours page 18. Ce voeu a été transmis à M. le sous-secrétaire d'Etat à la marine marchande qui a fait connaître qu'aux termes de l'article 4 du cahier des charges concernant l'exécution des service maritimes postaux entre la métropole et la Corse, l'Etat s'est interdit la faculté de subventionner tout service particulier partant d'un port français sur les parcours concédés et que, dans ces conditions, il n'était pas possible de donner suite au voeu émis. Voeu tendant à faire ajouter au cahier des charges de la prochaine adjudication des service maritimes postaux entre la France et l'Algérie une ligne hebdomadaire Nice-Alger avec escale à Ajaccio tous les quinze jours page 703. Ce voeu a été transmis à M. le sous-secrétaire d'Etat à la marine marchande. 108 SERVICE PÉNITENTIAIRE Voeu tendant à l'établissement d'une route carossable de Saïda à Beni-Ounif page 317 Les travaux de mise en état, de Saïda à BeniOunif, d'une voie de communication accessible aux voitures et aux automobiles se poursuivent, depuis 1912, pour la partie de cette route comprise dans -les territoires du sud du Kreider à Beni-Ounif. L'opération est exécutée par les communes mixtes de Méchéria et d'Aïn-Sefra avec l'appui financier du budget des territoires du sud. La route est ouverte actuellement jusqu'à AïnSefra mais les automobiles ne peuvent pas faire plus de vingt kilomètres à l'heure à partir de Mékalis. Les travaux se continuent au sud d'AïnSefra vers Beni-Ounif et seront probablement achevés dans le courant de 1914. TRAVAUX PUBLICS Voeu tendant à ce que l'administration prenne des mesures pour préserver Maison-Carrée des inondations. M. l'inspecteur général des ponts et chaussées vient de terminer l'examen des différentes solutions proposées par les ingénieurs. Ses conclusions seront soumises dans une note détaillée aux délégations financières. Voeu tendant à l'application aux routes nationales de la colonie du principe des subventions industrielles pages 32-33. La délégation des non colons a exprimé le désir de voir insérer dans la prochaine loi de finances un article ainsi conçu En Algérie, les subventions industrielles qui — 109 — peuvent être exigées sur les chemins vicinaux sont applicables aux routes nationales. » Ce voeu a été transmis à M. le ministre des travaux publics. Voeu tendant à ce que les études relatives à l'établissement du barrage des Zardezas soient terminées d'urgence page 270. Une décision du 5 mars 1914 a ordonné la reprise de ces études; elle alloue un premier crédit de 15,000 fr. aux ingénieurs des ponts et chaussées de la circonscription de Philippeville pour leur permettre de faire procéder à l'observation des débits liquides et solides de la rivière et à des sondages sur l'emplacement que l'ouvrage projeté devra occuper. Voeu tendant à l'amélioration des indemnités allouées au personnel des ports de commerce en Algérie page 373. Conformément au désir exprimé par la délégation des non colons, ce voeu a été renvoyé à la commission chargée d'examiner les améliorations qu'il y aurait lieu d'apporter à la situation des fonctionnaires algériens. Voeu tendant à la couverture de l'Oued Toudman à Mascara page 446 Le conseil général d'Oran a proposé l'inscription de cet ouvrage dans le programme des travaux d'hydraulique agricole à doter sur les fonds du 3e emprunt colonial. En prévision de cette inscription, le service des ponts et chaussées a été chargé, par décision gouvernementale du 25 novembre 1913, d'établir un avant-projet des travaux permettant de déterminer la dépense avec une approximation suffisante. — 110 — Voeu tendant à ce que des sondages artésiens soient pratiqués dans les territoires de Sidi-Aïssa et Bou-Saâda page 709. A la suite d'études hydrologiques entreprises récemment sur les territoires de ces deux communes, un technicien du service de la carte géologique a conclu à la possihilité de trouver de l'eau ascendante dans la commune de Bou-Saâda et a indiqué les emplacements favorables à la réussite de forages à exécuter dans cette circonscription. En ce qui concerne la commune de Sidi-Aïssa, ses travaux l'ont amené au contraire à conclure à l'absence de nappes artésiennes dans les territoires de cette unité administrative. Quelques puits ordinaires pourraient cependant être creusés avec quelque chance de succès sur des points qui ont été indiqués à M. l'administrateur de Sidi-Aïssa. Les recherches d'eau dans ces régions présentent un intérêt primordial. Les travaux ne peuvent cependant être entrepris que par les communes intéressées. La colonie ne saurait intervenir, ainsi qu'elle l'a fait déjà, que par l'allocation de subventions et le prêt de ses appareils, voire même par la mise de ses agents à la disposition des municipalités. Voeu tendant à voir développer les recherches d'eau artésienes dans les Hauts Plateaux et dans les territoires du sud page 709. La colonie posède un certain nombre d'appareils de sondage qui sont mis à la disposition des particuliers qui en font la demande. Elle possède en outre un appareil puissant dont elle assure l'entretien. Cet appareil est mis en service chez les particuliers ou les communes qui en ont fait la demande avec engagement de rembourser le coût des travaux exécutés. En outre la colonie met à la disposition des collectivités qui lui en expriment le désir, des agents particulièrement versés dans les questions d'hydrologie. — 111 — Le rôle de l'administration coloniale doit se borner à ces mesures et les travaux de recherches ou de forage doivent être entrepris par les intéressés et à leurs frais. Des subventions pourront être allouées aux collectivités dont la situation financière ne permettrait pas d'effectuer les travaux nécessaires. Voeu tendant à l'application à l'Algérie, de la loi du 5 janvier 1912, sur l'autonomie des ports de commerce page 29. Comme on l'a déjà indiqué à la délégation, il ne sera possible de déterminer les conditions d'application de cette loi à l'Algérie que lorsque les règlements d'administration publique qui doivent intervenir pour en assurer l'exécution dans la métropole auront été rendus. La préparation de ces règlements n'est pas terminée. Voeu tendant à l'allocation aux gardes maritimes de primes pour constatation de délits ou contraventions de pêche page 399. Conformément aux dispositions de l'article 16 du décret-loi du 9 janvier 1852 et de l'article 84 de la loi de finances du 13 avril 1898, les gardes maritimes reçoivent pour constatation de délits et contraventions de pêche, les mêmes primes que les autres agents de la surveillance des pêches. Voeu tendant à l'achèvement du chemin de Chemora à la gare d'Aïn-Yagout page 31 Le projet de construction de la voie ferrée d'AïnM'iila au Chelia paraissant devoir être abandonné, M. le préfet de Constantine a porté la question de l'achèvement du chemin de Chemora à la gare d'Aïn-Yagout, devant le conseil général de Constantine au cours de sa session d'octobre 1913. La délibération de cette assemblée n'a pas encore été remise au gouvernement général. 112 Suite donnée aux voeux émis par la délégation indigène section arabe dans la session de 1913 ADMINISTRATION COMMUNALE Voeu relatif à la fixation des traitements des gardes champêtres des douars-communes page 58 La dépense afférente aux traitements des gardes champêtres de douars, incombant uniquement aux communes, il ne pourrait y être pourvu légalement au moyen de subventions sur le budget de l'Algérie; d'autre part, l'augmentation de ces traitements ne pourrait être imposée obligatoirement aux communes. Afin de répondre, dans la mesure du possible, aux desiderata de la délégation, l'administration signale aux préfets des trois départements l'intérêt qu'il y aurait à obtenir des communes, au moment du vote des budgets communaux, un relèvement des traitements des gardes champêtres des douars, suivant un tarif sensiblement uniforme, et les prie d'intervenir dans ce sens auprès des municipalités et des administrateurs. Voeu tendant à l'amélioration de la situation des secrétaires et commis de commune mixte page 115. Voir réponse aux colons. Voeu de M. Sahraoui ben Mohammed, tendant à ce que les terres arch détenues par des étrangers à la tribu et classées dans le domaine de l'Etat à la suite des opérations d'application du Senatus Consulte dans la Commune Mixte du Djebel Nador, soient mises à la disposition des douars communes, qui pourront les louer; Le produit des locations serait employé à effec> effec> — 113 — tuer dès recherches d'eau, afin d'assurer l'alimentation des troupeaux. Les opérations d'application du Senatus Consulte n'ayant pas été encore homologuées dans les tribus tribus Djebel Nador, le classement des terres effectué par le commissaire délimitateur ne présente présente Un caractère définitif. Cependant la nécessité de créer des communes de vaste étendue dans la région du Djebel Nador n'a pas échappé à l'administration. C'est ainsi que dans la tribu des Sahari qui s'étend sur 79,000 hectares, les groupes communaux comprennent 24,000 hectares; la tribu dispose en outrede 31,000 hectares de terrains collectifs. " Dans la tribu des Oulad Zian Cheraga, les propositions du commissaire délimitateur adoptées par la commission administrative, tendent à constituer cinq groupes communaux d'une superficie de 31,235 hectares alors que l'ensemble de la tribu a une superficie de 44,749 hectares. Le douar Dehalsa comprenait 15,000 hectares de communaux et 11,000 hectares de terres collectives pour une superficie totale de 42,000 hectares. Ces indications montrent que l'administration > entre entièrement dans les vues de l'auteur du voeu. AFFAIRES INDIGÈNES Voeu tendant à la création d'une école professionnelle de tapis à Sétif page 115. La création de cette école qui apparaît, en principe, comme désirable est à l'étude. Toutefois, elle ne pourra être réalisée en 1914 en raison des créations urgentes déjà projetées pour cette année. Voeu tendant à admettre les adjoints indigènes au bénéfice du tarif réduit sur les chemins de fer page 87. A l'occasion d'un voeu analogue, formulé précé8 précé8 — 114 — déminent par la section kabyle des délégations financières, les compagnies de chemin de fer ont toutes opposé une fin de non recevoir à cette demande. Toutefois, la plupart d'entre elles paraissent disposées à examiner avec bienveillance les demandes spécialement motivées tendant à la délivrance de bons de réduction de demi tarif. AFFAIRES INDIGÈNES MILITAIRES Voeu tendant à la désignation par l'administration d'un conseiller général ou d'un délégué financier comme membre des commissions de recrutement pour les indigènes page 59. Aux termes de l'article 16 du décret du 3 février 1912, les désignations des notables indigènes faisant partie des commissions de tirage au sort sont prononcées par les préfets. Il semblait dès lors que l'examen du voeu rappelé ci-dessus revint à l'administration préfectorale et c'est pour cette raison que le bureau du Service militaire des indigènes » n'avait pas cru devoir préparer une réponse. Toutefois, ce service émet l'avis que rien ne s'oppose à ce que les notables indigènes des commissions de tirage au sort soient pris exclusivement parmi les élus musulmans de la colonie. ASSISTANCE Voeu renouvelé tendant à ce que tout musulman étranger nécessiteux qui se trouverait de passage dans les localités pourvues d'hôpitaux ou d'infirmeries indigènes et dont la santé nécessite des soins y soit admis sans formalité page 8. Le voeu a été renouvelé en spécifiant que l'admission des indigènes malades dans les hôpitaux devrait être effectuée d'office, les formalités d'usage n'étant remplies qu'après l'hospitalisation. — 115 — Il n'est pas possible que l'admission d'office ait lieu dans tous les cas- Mais actuellement — pour les indigènes comme pour les européens — l'entrée à l'hôpital ne comporte aucune formalité dans les cas d'urgence. Il y a lieu de s'en tenir à ces prescriptions pour éviter des abus. Voeu tendant à la création d'un bureau de bienfaisance musulman à Coléa page 47 Consulté à nouveau sur cette question, le conseil municipal de Coléa s'est prononcé contre la création d'un bureau de bienfaisance spécial aux indigènes, en raison de l'insuffisance des ressources qui pourraient être affectées au fonctionnement. CHEMINS DE FER Voeu tendant à la construction de la ligne de Bedeau à El-Aricha et Berguent page 69 Il appartient aux assemblées financières de donner à ce voeu la suite qu'il comporte en décidant si la construction de la ligne de Bedeau à Berguent doit être comprise dans le programme des chemins de fer du prochain emprunt. On fera remarquer seulement que d'El-Aricha à Berguent la ligne serait établie partie dans les territoires du Sud, partie en territoire marocain et que pour cette dernière section, la question se rattache à celle des chemins de fer marocains qui ne relève pas du gouvernement général. FORÊTS Voeux de MM. Mohammed ben Dif, ben Siam Mohammed et Mohammed Taïeb ben Nadir relatif au pacage des troupeaux des indigènes dans les terrains forestiers de la région de Bou-Saâda page 67. L'article 71 de la loi forestière algérienne du 21 — 116 — février 1903, ne permet pas de donner une suite favorable au voeu tel qu'il est exprimé. Il appartient à la collectivité des indigènes propriétaires de troupeaux de formuler une demande d'introduction de leurs moutons en forêt domaniale. Il y sera fait droit moyennant une légère redevance toutes les fois que cette introduction ne sera pas absolument contraire à la conservation des boisements. En cas d'événements calamiteux l'ouverture de la forêt au parcours sera accordée gratuitement et d'urgence. INSTRUCTION PUBLIQUE Voeu tendant à la création d'un emploi de mouderrès à Guelma et à Philippeville page 10 Voeu tendant à la création d'un emploi de mouderrès à Aumale page 60. La situation des crédits affectés à la rétribution des mouderrès ne permet pas de réaliser ces créations. Le relèvement de crédit de 16,260 francs dont la première moitié a été inscrite au budget de 1914 et le complément au projet de budget de 1915 suffit à peine à assurer le paiement aux mouderrès des traitements de 1,200 à 1,800 francs dont l'échelle a été adoptée par les délégations financières. Voeu tendant à la création de classes d'indigènes aux écoles de Thiersville et de Froha page 68. La création d'une classe d'indigènes annexée à l'école de Thiersville a été prononcée par arrêté du 15 septembre 1913 et le projet de construction de cette classe est à l'étude. Toute diligence sera faite pour hâter les travaux. En ce qui concerne Froha, l'école de ce centre étant une école mixte, il ne peut y être créé de classe annexée, mais l'autorité académique étudie la possibilité de créer une école spéciale pour les indigènes dans ce centre. 117 Voeu relatif à l'organisation d'une caravane annuelle composée des étudiants ayant obtenu le diplôme d'études supérieures de la médersa d'Alger page 69. Le budget de l'exercice 1914 ne comporte aucun crédit permettant de donner, cette année, satisfaction à ce voeu. Mais des propositions sont soumises aux délégations financières pour que, dans le budget de 1915. le libellé du chapitre 18 de la section IV oeuvres intéressant les indigènes soit modifié de façon à permettre l'imputation sur ce chapitre des frais de voyage des étudiants de la médersa d'Alger pourvus du diplôme d'études supérieures. Ceux-ci pourront ainsi être appelés à visiter les principales villes de France comme le font chaque année les élèves indigènes des écoles normales. Voeu relatif à la création d'une école indigène au douar Nesmoth, commune mixte de Cacherou page 148. Un projet a été présenté en vue de l'installation de cette école qui sera construite sur un terrain dont la commune mixte doit faire l'acquisition. Ce projet est actuellement soumis à l'examen de M. le recteur de l'académie d'Alger. JUSTICE ' Voeu tendant à l'extension de la compétence des cadis page 11 Le projet préparé en vue de réaliser cette réforme a dû être abandonné en présence des objections qu'il a soulevées tant de la part des assemblées élues et des membres du parlement que d'indigènes appartenant à diverses régions de l'Algérie. — 118 — Voeu tendant à la création d'un poste de juge suppléant chargé de l'instruction au tribunal de Mascara page 87. Le projet de budget de l'exercice 1915 comprend les crédits nécessaires à la "création d'un poste de juge suppléant au tribunal de Mascara. MONUMENTS HISTORIQUES Voeu tendant au classement parmi les monuments historiques de la mosquée de la place Nationale et de la mosquée d'Aïn-Beïda à Mascara page 57. A l'étude. SERVICES FINANCIERS Voeu tendant à ce que les gourbis faits de perches et de branchages, couverts de chaume et de diss soient exonérés de l'impôt foncier. D'après les dispositions qui régissent la contribution foncière des propriétés bâties, les seuls gourbis imposables sont ceux fixés au sol par une maçonnerie quelconque. Les gourbis faits exclusivement de perches et de branchages, couverts de diss ou de chaume, ne sont donc pas passibles de l'impôt et en fait, ils en sont affranchis. Si quelques-unes de ces constructions figurent cependant dans les rôles, c'est seulement par suite d'une erreur d'imposition dont les contribuables intéressés peuvent solliciter le redressement. — 119 — TRAVAUX PUBLICS Acquisition des deux appareils de sondage à grande profondeur pour recherches d'eau dans les Hauts-Plateaux Bou-Saâda et Sidi-Aïssa et dans le Hodna page 74. D'études auxquelles a procédé un technicien du service de la carte géologique, il résulte que des sondages exécutés dans les régions dont il s'agit, ne donneraient de résultat heureux que sur un nombre très restreint de points. Le nombre des forages à exécuter serait par suite relativement faible et la dépense d'acquisition des appareils fr. au moins serait hors de proportion avec les rendements qu'on pourrait en attendre. Dans ces conditions le voeu tendant à l'achat de deux appareils à grande profondeur, ne peut être accueilli favorablement; car il serait plus économique de recourir, pour l'exécution de sondages dans ces régions, à des entreprises privées plutôt qu'à l'achat d'appareils et a il recrutement d'équipes. La colonie possède d'ailleurs dans le département de Constantine un appareil remplissant les conditions demandées. Avec cet appareil on a exécuté dernièrement un sondage pour le compte de la ville de Batna, mais avant le début de cette entreprise, il est resté inutilisé pendant plus d'un an. En temps de chômage, le dit appareil pourra être employé- dans les régions mentionnées au voeu. Dans les deux cas, soit que l'on fasse appel à l'entreprise privée, soit que l'on se serve de l'appareil appartenant à la colonie, les collectivités intéressées pourront obtenir des subventions de la colonie dans les mêmes conditions que d'autres communes du département d'Alger. — 120 — Voeu relatif à la construction d'ouvrages d'art entre Bou-Saàda et Biskra {partie comprise entre BouSaâda et Aïn-Ben-Serour page 12. Le service vicinal du département d'Alger a procédé à la détermination du tracé du chemin de Bou-Saàda à Biskra entre Bou-Saâda et Aïn-BenSerour, soit sur 45 kil. environ. Il a fait notamment l'étude de leurs variantes sur 5 kil. à la sortie de Bou-Saàda en vue de faciliter la traversée de l'Oued, tout en respectant l'oasis. Les études poursuivies sans interruption pourront être terminées vers le commencement d'avril et Tavant-projet soumis aux enquêtes dans le courant de juin 1914. La construction des ouvrages d'art pourra ainsi être commencée vers le mois de septembre prochain si le service vicinal dispose de crédits suffisants. Voeu tendant à l'irrigation des terres du sud dans le département d'Alger et de Constantine voeu émis en 1912 page 13. Voeu tendant à l'exécution des travaux hydrauliques dans le Hodna oriental et occidental page 60. Il n'existe pas dans le sud du département d'Alger de nappe jaillissante permettant le forage de puits artésiens. Le forage de puits ordinaires ne donnerait pas de résultats satisfaisants et il est certain que la quantité d'eau qu'on en retirerait ne permettrait pas des irrigations étendues. Il en est de même dans le sud du département de Constantine. Les barrages-réservoirs seraient d'une utilité contestable, en raison de l'irrégularité des pluies. Seule, la construction de barrages-déversoirs pourrait être envisagée; encore appartient-il aux communes de signaler les points où l'attention du service hydraulique pourrait se porter. — 121 — L'exécution de travaux" hydrauliques, dans le sud des départements d'Alger et de Constantine, ou dans le Hodna oriental ou occidental rendrait, il est vrai, de grands services pour les cultures de ces régions. L'administration ne peut toutefois procéder à une étude aussi générale dont l'importance entraînerait des dépenses considérables. Il appartient surtout aux propriétaires intéressés de faire preuve d'initiative et de se constituer en syndicats, ayant pour but la construction et l'entretien des ouvrages reconnus nécessaires à la prospérité des cultures de ces régions. L'administration est toute disposée à aider ces groupements pour l'étude et pour l'exécution des projets dont la réalisation paraîtrait possible au point de vue technique en même temps qu'avantageuse au point de vue de la mise en valeur du sol. Voeu tendant à la rectification de la route nationale n° 8, aux abords de Bou-Saâda page 12. Le projet présenté par le service des ponts et chaussées en vue de cette rectification, comporte une dépense de 75,000 francs. Si ce projet n'est pas incorporé au programme du 3e emprunt, l'administration examinera la possibilité de la réaliser à l'aide des crédits inscrits annuellement au budget. 122 Suite donnée aux voeux émis par la délégation indigène section kabyle dans la session de 1913 ADMINISTRATION COMMUNALE Voeu tendant à ce que l'administration veuille bien réserver à l'avenir, en cas de vacance, les postes d'adjoint indigène de douars importants d'une commune mixte à ceux des adjonts indigènes en fonctions dont la part d'impôt est insuffisante page 4. Une circulaire du 13 avril 1905 a énuméré les douars qui devront être groupés sous l'autorité d'un même adjoint indigène, afin d'augmenter la part d'impôt des agents dont la rétribution est insuffisante. Cette opération a déjà été effectuée dans un grand nombre de douars et aussitôt que l'a permis la disparition de l'un des agents placés à leur tête. Une nouvelle circulaire, en date du 7 janvier 1913, a rappelé aux préfets le nom des sections dont le groupement n'a pas encore été réalisé et les a invités à formuler des propositions à cet effet, dès qu'une vacance viendra à se produire parmi les adjoints indigènes qui dirigent l'un de ces douars. Voeu tendant à ce que le personnel des bureaux de communes mixtes soit assimilé à celui des commis de préfecture et payé à Vende d'un fonds de concours institué au budget départemental, par les communes mixtes page 82. Ce voeu est soumis à la commission chargée d'examiner les améliorations qu'il y aurait lieu d'apporter à la situation des fonctionnaires et agents de la'dministration algérienne. ASSISTANCE PUBLIQUE Voeu tendant à la création, à Tizi-Ouzou, d'un bureau de bienfaisance musulman, dont le fonc- 123 tionnement serait assuré au moyen de contingents contingents par les communes de l'arrondissement l'arrondissement d'une subvention prélevée sur le budget de la colonie page 5. Les communes de l'arrondissement de Tizi-Ouzou Tizi-Ouzou été consultées sur l'opportunité de cette création et invitées à faire connaître dans quelles proportions elles pourraient, le cas échéant, contribuer à la dépense de fonctionnement du nouvel établissement. Sauf trois ou quatre municipalités disposées à voter des subventions, d'ailleurs peu élevées, toutes sont montrées hostiles à la réalisation du projet; elles ont fait ressortir que l'assistance était suffisamment assurée à l'aide du produit des fêtes eurs et qu'elles n'auraient aucun intérêt à la création d'un bureau de bienfaisance à Tizi-Ouzou. Un tel établissement n'aurait donc à compter, pour son fonctionnement, ni sur le concours financier des communes de l'arondissement, ni même sur celui de la commune de Tizi-Ouzou, dont le conseil municipal s'est prononcé contre la création dont il s'agit, par une délibération en date du 17 octobre 1913. Voeu relatif à la construction d'un pavillon et à la création d'un hospice pour vieillards et incurables de la population indigène au renouvellement à la literie de l'hôpital d'Akbou page 12. A l'instruction. CHEMINS DE FER Voeu tendant à Vagrandissement de la gare d'El-Kseur page 18 L'administration des chemins de fer algériens de l'Etat estime que les installations de la gare d'El-Kseur sont encore suffisantes pour répondre — 124 — aux besoins du trafic et au mouvement des voyageurs. Le service du contrôle partage cette manière de voir. Lorsque leur insuffisance aura été reconnue l'administration du réseau examinera les modifications qu'il sera nécessaire d'apporter à ces installations. Voeu tendant reclassement dans le réseau d'intérêt local de la ligne Alger-Blida page 59 Ce voeu, par la délégation à la commission des chemins de fer, a fait l'objet d'une décision conforme à l'assemblée plénière dans sa séance du 14 juin 1913. Voeu relatif aux complémentaires à exécuter sur les réseaux exploités les compagnies privées page 66. La question des travaux complémentaires exécuter exécuter les réseaux du P. L. M. et de l'Ouest Algérien est étudiée par une commission, qui n'a pas encore fait connaître le résultat ses travaux. Voeu tendant à ce que les personnel des études de la ligne de Sétif-Bougie ne soit pas licencié page 83. Ce voeu a été signalé à l'attention de M. préfet de Constatine à qui il appartient de donner à cette demande la suite dont elle est susceptible. CULTES Voeu renouvelé tendant à la réouverture de la Zaouïa de Sidi Mohammed ben Abderrahman, de Dra-el-Mizan page 6. L'administration ne peut que maintenir intégra- — 125 — lement la réponse déjà faite à ce voeu les deux années précédentes. La situation en considération de laquelle elle a dû donner cette réponse négative, n'a pas changé. Voeu renouvelé tendant à la réouverture de la zaouïa de Sidi-Ameur Ou Chérif commune d'Abbo page 65. Après une nouvelle étude de la question, il semble que cette réouverture puisse être autorisée à la condition qu'une surveillance active soit exercée sur la zaouïa. L'administration a donc décidé de donner satisfaction au voeu de la délégation. FORÊTS Voeu relatif aux autorisations de couper du bois dans les forêts de la Kabylie page 7 M. Arezki, qui ne conteste pas la nécessité des mesures prises par le service forestier en vue d'assurer le peuplement des forêts, a exprimé le désir que ce service, lorsqu'une demande de coupe de bois lui est présentée en temps utile, n'attende pas, pour l'examiner, la chute des neiges. L'administration a donné des instructions dans ce sens et la plupart des demandes ont obtenu satisfaction. Si quelques-unes ont été rejetées, c'est qu'elles concernaient des exploitations absolument incompatibles avec les boisements où les pétitionnaires désiraient que les délivrances fussent faites. INSTRUCTION PUBLIQUE Voeu renouvelé tendant à Vallocation à tous les maîtres et moniteurs indigènes exerçant dans les localités éloignées d'un centre, d'une indemnité de résidence égale à celle que touchent les maîtres français page 7. L'administration ne peut que maintenir la ré- — 126 — ponse déjà faite, l'année dernière, à ce voeu. L'égalité absolue des indemnités de résidence ne serait pas justifiée par les conditions d'existence dans lesquelles se trouvent l'une et l'autre catégories de maîtres mais le relèvement des indemnités de résidence des maîtres indigènes, reconnues comme souvent insuffisantes, est à l'étude. Voeu tendant à ce que le même programme soit appliqué aux européens et aux indigènes pour le certificat d'études primaires page 32. Il résulte des renseignements fournis par l'autorité académique, après une étude approfondie de la question, que les programmes suivis dans les écoles d'indigènes, spécialement adaptés aux aptitudes et aux tendances d'esprit des jeunes indigènes, ne pourraient pas être immédiatement remplacés par les programmes en usage dans les écoles françaises sans inconvénient pour les études. L'administration ne peut qu'adopter les conclusions de l'autorité académique et croit sage d'ajourner une réforme qui serait actuellement prématurée. Voeu tendant à ce que les enfants des professeurs des médersas bénéficient, dans les établissements d'enseignement secondaire, de la remise universitaire page 83. L'administration, d'accord avec l'autorité académique, a inscrit dans le projet de budget de 1915 un crédit destiné à accorder aux professeurs des médersas des allocations tenant lieu de remises universitaires. Voeu tendant à ce que le certificat d'études primaires primaires soit plus des indigènes désirant suivre suivre cours de législation algérienne page 84. L'administration, après consultation de l'autorité — 127 — académique, ne croit pas pouvoir donner une suite favorable à ce voeu pour les raisons suivantes ' En vertu des règlements en vigueur, les étudiants français candidats au certificat de législation algérienne sont tenus de justifier au moins de la possession du certificat d'études primaires supérieures. C'est par un réel privilège que les candidats indigènes ne se voient demander que le certificat d'études primaires élémentaires au titre français. On ne voit pas pour quelle raison ce privilège serait augmenté. Une telle mesure se justifierait d'autant moins que M. le ministre de l'instruction publique a conservé le droit d'accorder des dispenses de grades, en vue du certificat de législation algérienne, et que toutes les fois que des demandes de dispenses vraiment intéressantes ont été formulées par des indigènes, elles ont été appuyées d'un avis favorable par le conseil de la faculté et agréées par le ministre. JUSTICE Voeu tendant à la création d'un office d'interprète pour la langue kabyle près la justice de paix d'Alger page 8. M- le procureur général près la cour d'appel d'Alger saisi de cette question a fait parvenir la réponse suivante J'ai l'honneur de vous faire connaître que la réalisation de cette mesure ne me paraît pas opportune, en ce moment, bien qu'il soit incontestable que le nombre des justiciables kabyles en résidence à Alger soit considérable. Un projet de décret est en effet soumis à M. le garde des sceaux, pour le rétablissement du poste d'interprète près les justices de paix d'Alger, au sujet duquel les délégations ont voté un crédit. D'un autre côté, le conseil de gouvernement, lors de la discussion du projet de réorganisation — 128 — des interprètes judiciaires a émis l'avis que le service de l'interprétariat près les justices de paix pourrait être assuré par l'interprète près le tribunal civil. Dans ces conditions, dans l'un ou l'autre cas, l'interprète qui sera chargé du service près les justices de paix d'Alger, sera mis en demeure de s'adjoindre un auxiliaire capable d'interpréter la langue kabyle. » TRAVAUX HYDRAULIQUES Voeu tendant à l'allocation aux communes de Bordj-Menaïel et d'Isserville de subventions pour l'exécution de travaux d'eau dans les douars page 13. Les communes intéressées ont été invitées à présenter un projet et un devis des travaux à exécuter. La dépense entraînée par ces travaux sera couverte, en partie, par une contribution de chacune des deux communes et un prélèvement sur les tonds des douars et, pour le surplus, par une subvention de la colonie. Voeu tendant à l'allocation à la commune mixte de Dra-el-Mizan d'une subvention de 10,000 francs pour exécution de travaux d'eau dans les douars page 74. Un projet d'exécution de travaux d'eau clans la commune mixte de Dra-el-Mizan est actuellement à l'instruction. La dépense prévue, qui s'élève à 10,000 francs environ, sera couverte, en partie, au moyen d'une contribution de la commune mixte et d'un prélèvement sur les fonds des douars intéressés et, pour le surplus, pour une subvention de la colonie. 129 Voeu tendant à l'allocation à la commune mixte de Fort-National d'une subvention de 20,000 francs pour exécution de travaux d'eau dans les villages indigènes page 81. Un projet de travaux d'eau dans la commune mixte est actuellement à l'étude; son exécution doit entraîner une dépense d' francs qui sera couverte, en partie, par une contribution de la commune mixte et un prélèvement sur les fonds des douars intéressés et, pour le surplus, par une subvention de la colonie. Voeu tendant au versement à la caisse de la commune commune Tizi-R'nif de la subvention précédemment allouée à la commune de Tizi-Ouzou pour exécution de travaux d'eau dans le douar FlissaM'Zala FlissaM'Zala 10. Par décision du 22 mai 1913, il a été alloué à la commune de Tizi-R'nif une subvention dont le montant est fixé en principe aux deux tiers de la dépense d'exécution des travaux. TRAVAUX PUBLICS Voeu tendant à l'achèvement du chemin vicincd ordinaire n° 4 d'Azazga à Akbou page 12 Le chemin dont il s'agit, d'une longueur de 28,325 mètres, a été doté d'une subvention de 350,000 francs sur des fonds du 2e emprunt de la colonie; cette somme permettra d'exécuter la totalité des terrassements et une partie des ouvrages. Dans quelques mois, la subvention de 350,000 francs sera complètement utilisée et le chemin susindiqué présentera la situation matérielle suivante Terrassé à toute largeur avec ouvrages d'art 12k700 Terrassé à toute largeur sans ouvrages 9 P. _ 130 — d'art 13 625 Total 28 325 Pour amener cette voie à l'état complet d'entretien, il restera encore à exécuter les travaux détaillés et évalués ci-après Pont de 20 mètres d'ouverture sur l'Oued Acerdoun Pont de 8 mètres d'ouverture sur l'Irzer-bou-Amès 90 aqueducs ou ponceaux à 1,000 francs l'un Chaussée de 3 mètres de largeur et de 0m18 d'épaisseur 28,325 mètres à 5 fr.. . Total Surveillance des travaux et imprévus Ensemble .' Dans le programme des travaux du 3e emprunt de la colonie, une nouvelle subvention de 190,000 francs a été prévue en faveur de ce chemin. Cette somme permettra de terminer la construction de la plate forme en terrassements et ouvrages d'art et d'empierrer les parties du chemin situées dans des terrains argileux. Les travaux d'empierrement complémentaires pourront être exécutés progressivement au moyen des ressources vicinales de la commune mixte du Haut-Sébaou. Voeu tendant à l'affectation d'un crédit de 175,000 francs à l'empierrement du chemin vicinal ordinaire n° 1 d'Azazga à Michelet page 12. Le chemin d'Azazga à Michelet comprend le che- — 131 — min vicinal ordinaire n° 1 de la commune mixte dii Haut-Sébaou, sur une longueur de 21 k. 37 et le chemin vicinal ordinaire n° 8 de la commune mixte du Djurdjura, sur 14,803 mètres. Les travaux restant à exécuter pour amener ces chemins à l'état complet d'entretien sont détaillés et évalués ci-après 1° Chemin vicinal ordinaire n° 1 de la commune mixte du Haut-Sébaou Terrassements 15,327 mètres à 3 fr.. Ouvrages d'art ï'ont de 15 mètres d'ouverture sur l'oued Bouadda.. .... Pont de 4 mètres d'ouverture 66 buses, aqueducs ou dalets de 0,40 à 1,50 Chaussée de 3 mètres de largeur et de 0m18 d'épaisseur 21,737 mètres à 5 fr. . Somme à valoir Total 2° Chemin vicinal ordinaire n,° 8 de la commune mixte du Djurdjura Terrassements 14,803 mètres à 6 f r.. . 37 ouvrages à allonger à 500 francs. . Chaussée de 3 mètres de largeur et de 0m18 d'épaisseur 14,803m à 5 francs. ... Somme à valoir Total.. Total général 300,000 + 200,000 = 500,000 fr. Ces travaux ont été compris dans le programme — 132 — que le conseil général a proposé dans sa séance du 8 novembre 1913, en vue de la réalisation d'un troisième emprunt colonial. Voeu tendant à l'ouverture du chemin vicinal n° 1 de Port-Gueydon à Tifrit douar des Beni-Flik [page 13]. L'administration est disposée à venir en aide à la commune mixte d'Azeffoun pour la construction construction du chemin dont il s'agit, à condition toutefois toutefois s'engagera à prendre en charge, avec au besoin l'aide du département, la moitié au moins de la dépense. Voeu tendant à la continuation de la route de Lafayette à Guenzet par El-Maïn et les BeniYadel page 83. Il résulte des renseignements fournis par les ingénieurs des ponts et chaussées que le prolongement prolongement du chemin dont il s'agit, par El Main ne présenterait qu'un intérêt très relatif. Guenzet se trouve à 1,030 mètres d'altitude, El Main à 900. Les deux régions sont séparées par l'oued Mahadjar, qu'on ne pourrait franchir à une cote supérieure à 500 mètres; il ne serait donc possible de construire un chemin entre ces deux points qu'avec de très fortes rampes ; il serait tortueux, difficile à construire et à entretenir, il ne rendrait d'ailleurs pas à la région les mêmes services que le chemin des crêtes, d'un établissement plus facile, qui relierait El-Maïn au chemin de grande communication n° 8, allant de Bordj-bou-Arréridj à Tainalt. Le chemin de Lafayette à Guenzet pourrait de son- côté être continué vers le sud. pour relier la région à la voie ferrée, à Bordj-bou-Arréridj. L'administration est toute disposée à subventionner subventionner les communes intéressées pour la construction ces voies, mais à la condition toutefois qu'elles s'engagent à prendre elles-mêmes en char- 133 ge avec au besoin l'aide du département la moitié au moins de la dépense totale. Voeu relatif à Vagrandissement du port de PortGueydon observation de M. AU Salem La colonie a dépensé en 1908 et 1909 une somme de 205,507 francs pour prolonger la jetée jusqu'aux fonds de 8 m. 25. Malgré l'exécution de ce travail, le trafic de Port-Gueydon n'a pas augmenté depuis cette époque. Il a plutôt diminué, ainsi que le montrent les chiffres suivants Années Tonn. des marchand, entr. et sort, réunies 1900 tonnes 1903 ! 7-047 — 1904 — 1905 — 1906 — 1907 — 1908 — 1909 — 1910 — 1911 3-363 — 1912 — Ces chiffres permettent d'affirmer à nouveau que l'ouvrage actuel est suffisant pour satisfaire aux besoins du trafic de Port-Gueydon. — 134 — Suite donnée aux voeux émis par l'assemblée plénière dans la session de 1913. Voeu concernant les enquêtes partielles page 330 Considérant que les délégations unanimement la bonne marche, la inarche aussi rapide que possible des enquêtes partielles Qu'il y a divergence sur le moyen pratique d'obtenir ce résultat. Considérant que les délégations n'ont pas été mises à même de s'éclairer, de juger en toute connaissance connaissance cause par des rapports écrits, distribués distribués temps opportun ; Que l'administration, en effet, s'est bornée à un exposé verbal. Considérant qu'il s'agit d'une question d'importance d'importance sur laquelle il est nécessaire que tous projets utiles puissent être étudiés. Les délégations invitent l'administration à étudier étudier projets et à leur fournir ensuite un rapport rapport d'ensemble dans la plus prochaine session. » La question est à l'étude. PROGRAMME — 137 - PERSONNEL DE L'ENSEIGNEMENT AGRICOLE Au cours de leur dernière session les délégations financières ont adopté un amendement de la 1IE délégation tendant à la suppression du 1/4 colonial colonial attribué au personnel de renseignement agricole section VIII, chapitre 1er et à une unification de traitement. Les assemblées financières ont aussi manifesté le désir de voir personnel incorporé au cadre colonial. L'administration s'inspirant de cette décision a formulé auprès de M. le ministre de l'agriculture des propositions à l'effet d'obtenir que le personnel de l'enseignement agricole de la colonie fût, à lavenir, à la nomination directe du gouverneur général. M. le ministre de l'agriculture a refusé de donner son approbation à cette mesure et de soumettre à la sanction présidentielle, le projet de décret modifiant dans ce sens, le décret du 23 mars 1898 sur les services de l'agriculture en Algérie. En conséquence, le personnel de l'enseignement agricole doit continuer à être considéré comme personnel métropolitain mis à la disposition du gouverneur général. Il n'est donc pas possible d'incorporer le 1/4 colonial attribué à ces agents qui conservent le caractère d'agents métropolitains au traitement normal auquel ils ont droit en cette qualité et il est nécessaire de rétablir la distinction qui existait pour l'exercice 1913 entre les traitements et le 1/4 colonial corespondant. Le projet de bduget pour l'exercice 1915 a donc été modifié dans ce sens. — 138 — ORGANISATION D'UNE STATION EXPERIMENTALE A L'HABRA La commission chargée d'étudier le rachat du domaine de l'Habra, la chambre d'agriculture d'Oran, la commission d'organisation d'un service d'études, de recherches, d'expérimentation et de vulgarisation agricoles ont été unanimes pour préconiser la création d'une station expérimentale sur une partie du domaine de l'Habra, aujourd'hui racheté par la colonie, on trouverait difficilement un champ plus favorable aux études et expériences concernant l'irrigation et l'assainissement des terres, les terrains salés, les cultures fruitières et industrielles, ou non. D'autre part, de l'aveu du service des domaines, les constructions qui existent à ferme Blanche, ne pouvant faire l'objet d'aliénations distinctes de celle du fonds, n'influeraient que d'une manière insignifiante sur le prix de vente des terres, alors que ces constructions conviendraient parfaitement pour l'installation d'une station expérimentale, le logement de son personnel et des stagiaires qu'on pourrait y recevoir. Le service des domaines estime également qu'il y aurait tout avantage à continuer la gestion directe des jardins, pépinières et champs d'expériences créés par les anciens propriétaires ainsi qu'à assurer la conservation du parc contenant des essences rassemblées à grands frais et qu'il serait regrettable de voir disparaître. Dans ces conditions, l'organisation de la station pourrait être réalisée avec le minimum de dépenses. En dotant la station d'une étendue de terres suffisante, suffisante, s'assurerait, en outre, la possibilité de faire suivre les essais de démonstrations pratiques d'un intérêt évident. Les techniciens chargés d'étudier la question sur — 139 — place ont estimé que. le noyau principal de la station devrait être constitué par 50 hectares de terres groupées autour de Ferme Blanche. 30 autres hectares, choisis dans des sols différents, permettraient d'opérer dans des conditions variées. Enfin, des surfaces suffisantes de terrains salés pourraient, à titre provisoire, être mis à la disposition de la station pour l'étude des améliorations susceptibles de permettre une meilleure uitlisation de ces terrains. L'administration propose aux délégations financières d'approuver la création de là station expérimentale ainsi constituée. — 140 — ASSISTANCE PUBLIQUE MODIFICATIONS AI PROGRAMME DE L'EMPRUNT Le service de l'assistance publique a été doté au titre du 2P emprunt, d'une somme totale de 2 millions francs. Malgré le soin apporté à l'élaboration du programme des travaux à effectuer au moyen de la dotation mise à la disposition service de l'assistance, la nécessité s'est sentir d'apporter quelques remaniements au initial, soit que certains travaux aient dû être abandonnés, soit que les allouées au titre de l'emprunt présentent, après exécution des travaux certaines disponibilités. Le tableau suivant comprend, dans une première colonne, les sommes restant disponibles sur les subventions allouées, et, dans une seconde, les nouveaux travaux auxquels on propose d'affecter ces subventions CPLEDITS restant disponibles ,. J , , AITKIÏATI.\ PROPOSEE .sur les londs du rlerruer em-prunl mi non utilisés DÉPARTEMENT D'ALGER Hôpital de Mustapha 29,240 francs restant dispo- Construction d'une vérandah nibles sur une subvention au pavillon Guersant. de 179,390 francs allouée n pour construction d'une Construction d un puits pour cuisine et d'un économat. lamentation de 1 hôpital. 4,585 fr. 64 restant disponi- Travaux de grosses réparables sur une subvention de tions au pavillon Berthe36,919 francs allouée pour ' rand. la construction de l'Internat. — 141 — CREDITS ! restant disponibles i sur les ronds du dernier emprunt ! ou non utilisés ! i i Hôpital de Marengo 8,000 francs représentant le j Construction du pavillon du i montant d'une subvention j Directeur. ! allouée pour construction j de cabinets particuliers et d'une chambre d'accouchements. DÉPARTEMENT DE CONSTANTINE Hôpital de Constantine 55,075 fr. 40 restant disponi- Travaux d'assainissement et blés sur une subvention de de parachèvement. 90,000 francs allouée pour la construction d'un pavillon des malades payants. Hôpital de Philippeville 14,000 francs représentant le I Construction de deux petits montant d'une subvention ! pavillons pour aménageallouée aménageallouée reconstruc- ment de lavabos et de saltion saltion mur d'enceinte et les de bains, construction d'un dépôt mortuaire. Hôpital de Bougie 44,800 francs restant dispo- Surélévation des 2 pavillons nibles sur une subvention de malades, de 70,000 francs pour construction d'un amphithéâtre et d'un pavillon de tuberculose. Hôpital de Souk-Ahras 6,000 francs représentant le Travaux de grosses réparamontant d'une subvention tions. allouée pour travaux d'assainissement. 142 — LOI RELATIVE AUX VOIES FERREES D'INTERET LOCAL SON APPLICATION EN ALGÉRIE Au cours de la session de 1913, l'administration a donné communication aux assemblées financières algériennes du projet de loi sur les chemins de fer d'intérêt local voté par le sénat le 25 février 1913, ainsi que des parties essentielles des rapports présentés respectivement à la chambre des députés par M. Lebrun, au nom de 1 acommission des travaux publics des chemins de fer et des voies de communication et au sénat par M. Boudenoot au nom de la commission des finances de la haute assemblée 1. L'administration a exposé, en outre, les résultats auxquels conduirait en Algérie l'application de la loi, le montant des subventions allouées aux trois départements algériens et le mode de calcul des subventions à allouer sous le nouveau régimeElle régimeElle conclu qu'il y avait intérêt à ce que les dispositions nouvelles relatives à la subvention de l'Etat fussent rendues applicables à l'Algérie sans aucune modification, en faisant observer que, si les assemblées financières se ralliaient à cet avis, le décret portant règlement d'administration publique prévu par l'article 49 du projet de loi pourrait se borner à reproduire intégralement le texte de ce dernier, sauf quelques différences de rédaction nécessitées par la législation spéciale de l'Algérie. L'assemblée plénière des délégations, dans sa séance du 14 juin 1913, adoptant les conclusions de sa commission, a décidé, en premier lieu, que la nouvelle loi serait appliquée à l'Algérie si son vote définitif ne devait pas entraîner au texte adopté par le sénat des modifications importantes et en second lieu, que le décret portant règlement d'administration publique prévu par l'article 49 du projet de 1 Programme de la session, pages 215 à 262. 143 loi reproduirait intégralement le texte de ce dernier, dernier, les rectifications nécessitées par la législation spéciale de l'Algérie et que le gouverneur général voudrait bien faire apporter. Le conseil supérieur de gouvernement, dans sa séance du 25 juin 1913, sur la proposition de sa Ie commission, a adopté les conclusions suivantes, qui lui ont paru devoir sauvegarder davantage les intérêts de l'Algérie Il y a lieu de rendre applicable à l'Algérie, le moment venu, la nouvelle loi sur les voies ferrées d'intérêt local sous réserve 1° De l'extension des subventions de la colonie aux insuffisances d'exploitation pendant un certain nombre d'années et dans une proportion à déterminer; 2° De la consultation des assemblées financières algériennes dans les cas et suivant les formes prévues par la loi du 10 décembre 1900. » __ Le conseil supérieur de gouvernement a émis, en outre, le voeu que le texte du projet de décret qui sera soumis au gouvernement en exécution des dispositions de l'article 49 du projet de loi en suspens devant les chambres soit communiqué aux délégations financières et au conseil supérieur. Le projet de loi communiqué aux assemblées financières à leur session de 1913, modifié et voté par la chambre des députés dans sa séance du 26 juin 1913, voté enfin par le sénat dans sa séance du 22 juillet suivant, est devenu la loi du 31 juillet 1913. Le texte de cette loi est reproduit ci-après. On a indiqué en regard de chaque article les modifications que l'administration propose d'y introduire pour constituer le texte du décret réglementaire rendant la loi applicable en Algérie. Ces modifications sont examinées et motivées par un commentaire qui fait suite à chacun des articles modifiés. — 144 — LOI relative aux voies ferrées d'intérêt local. Le sénat et la chambre des députés ont adopté. Le président de la république promulgue la loi dont la teneur suit DECRET déterminant les conditions d'application en Algérie de la loi du 31 juillet 1913 relative aux voies ferrées d'intérêt local. Le président de la république française, Sur le rapport du ministre des travaux publics, Vu l'article 49 de la loi du 31 juillet 1913 relative aux voies ferrées d'intérêt local stipulant qu'un décret, portant règlement d'administration publique déterminera les conditions dans lesquelles la dite loi sera rendue applicable en Algérie; Vu le décret du 1914. homologuant les décisions des délégations financières et du conseil supérieur de gouvernement relatives à la mise en vigueur en Algérie des dispositions qui font l'objet des articles 25, 40 et 41 de la loi sus-visée du du 31 juillet 1913; Vu la loi du 23 juillet 1904, déterminant les participations de l'Etat et de l'Algérie dans la charge annuelle des chemins de fer de la colonie; Vu les propositions du gouverneur général de — 1-15 — l'Algérie en date du—— 1914; Le conseil d'Etat entendu, Décrète Art. 1er. — L'établissement et l'exploitation par les départements ou les communes des voies ferrées d'intérêt local sont soumis aux dispositions ci-après, qu'il s'agisse de - voies posées sur une plateforme spéciale, ou empruntant, en tout ou en partie, des voies publiques préexistantes nationales, départementales ou communales. TITRE 1er Déclaration d'utilité publique et approbation des projets. Art. 2. — Lorsque le conseil général veut établir une voie ferrée sur le territoire de plusieurs communes du département ou prolonger sur le territoire d'une ou de plusieurs communes de ce département une voie ferrée préexistante, il détermine, après instruction préalable par le préfet, et sur le vu d'un avant-projet, les localités à desservir, Tes conditions généralcr généralcr 146 les de la construction et de l'exploitation, le tarif maximum des taxes à percevoir, les voies et moyens à adopter en raison de la dépense et du trafic probable, et le montant du concours que le département demande à Y Etat. Le préfet transmet le dossier au ministre des travaux publics avec les rapports de l'ingénieur en chef du département et du chef de service du contrôle départemental et son propre avis. l'Algérie. Le préfet transmet le dossier au gouverneur général de l'Algérie, etc.... Le . gouverneur général de l'Algérie adresse le tout avec ses propositions au ministre des travaux publics. La première de ces modifications est une conséquence de la loi du 19 décembre 1900 portant création d'un budget spécial pour l'Algérie. La seconde modification et l'addition sont une conséquence de la loi du 23 juillet 1904, dont l'article 8, 1er alinéa, est ainsi conçu Tous les pouvoirs conférés dans la métropole, en matière de chemins de fer d'in térèt local ou de tramways, au ministre des tract vaux publics, seront exercés par le gouverneur c général de l'Algérie. "» Art. 3. — Le ministre des travaux publics après avoir pris l'avis du conseil général des ponts et chaussées, consulte le ministre de l'intérieur sur l'opportunité de la mise à 147 l'enquête de tout ou partie des lignes projetées et sur les voies et moyens adoptés par le conseil général. Il consulte également le ministre des finances, lorsque le concours de Y Etat est demandé, sur la forme et la quotité de ce concours. En cas d'accord entre les ministres consultés, le ministre des travaux publics notifie au préfet les conditions dans lesquelles l'instruction peut être poursuivie et autorise, s'il y a lieu, la mise à l'enquête. En cas de désaccord, la mise à l'enquête ne peut être autorisée que par un décret rendu en conseil des ministres sur le rapport du ministre des travaux publics, et après avis du conseil d'Etat. Ces diverses formalités doivent être terminées dans le délai maximum de six mois à partir de la transmission du dossier par le préfet au ministre des travaux publics. l'Algérie le ministre des travaux publics fait connaître au gouverneur général de l'Algérie les conditions dans lesquelles l'instruction peut être poursuivie et autorise, s'il y a lieu, la mise à l'enquête. Le gouverneur général de l'Algérie notifie cette décision au préfet. le gouverneur général de l'Algérie L'intervention du gouverneur général de l'Algérie est motivée par l'article 8 de la loi du 23 juillet 1904 voir article 2. — 148 — Art. 4. — Lorsque la mise à l'enquête a été autorisée, le conseil général du département fixe le tracé général des voies ferrées qui y seront soumises, le mode et les conditions de leur construction, ainsi que les dispositions nécessaires pour en assurer l'exploitation, en se conformant aux clauses et conditions d'un cahier des charges type approuvé par le conseil d'Etat, sauf les modifications reconnues nécessaires en raison des circonstances locales et dûment motivées. L'enquête prescrite par le conseil général a lieu dans les formes déterminées par un règlement d'administration publique. Art. 5. — Lorsqu'une ligne s'étend sur plusieurs départements, il est procédé par application des articles 89 et 90 de la loi du 10 août 1871. 88 et 89 du décret du 23 septembre 1875 sur l'organisation des conseils généraux de l'Algérie. Cette modification se justifie d'elle-même. Art. 6. Le conseil général d'un département peut assumer seul les charges de l'établissement d'une section de ligne sur un dé- 149 — partement voisin, lorsqu'il juge cette section nécessaire à la bonne exploitation de son réseau et que le département voisin refuse de participer aux frais d'établissement. Si le conseil général de ce département voisin s'oppose, malgré la prise en charge des frais d'établissement par le conseil général demandeur, à l'établissement de la section de ligne sur son territoire, la mise à l'enquête peut être autorisée, sur la demande du conseil général intéressé par décret délibéré en conseil d'Etat. Le département intéressé peut, dans ce cas, poursuivre l'établissement de cette section en dehors de son territoire, sans préjudice de l'exercice, par le préfet de chaque département, des droits de contrôle lui appartenant en vertu des lois et règlements et du cahier des charges. Art. 7. — S'il s'agit de voies ferrées à établir par une commune sur son territoire, il est procédé conformément aux articles 2, 3 et 4 ci-dessus; les attributions confiées au conseil général par ces articles sont exercées par le 150 conseil municipal dans les mêmes conditions et sans qu'il soit besoin de l'approbation du préfet, après que le conseil général aura fait connaître qu'il renonce à en poursuivre luimême l'exécution. L'avis de la commission départementale sur le projet du conseil municipal est joint au dossier transmis au ministre des travaux publics avant la mise à l'enquête. Art. 8. — L'établissement d'une ligne s'étendant sur plusieurs communes peut être poursuivi par un syndicat constitué conformément à la loi du 22 mars 1890, si le conseil général, appelé par le préfet à donner son avis, a fait connaître qu'il renonçait à en poursuivre l'exécution dans les conditions prévues à l'article 2. Dans ce cas, les attributions conférées par la présente loi au conseil municipal et au maire, pour les lignes concédées par les communes, sont exercées par le comité et par le président du syndicat. Art. 9. — Le conseil municipal d'une commune peut assumer seul les 151 charges de l'établissement d'une section de ligne sur une commune voisine, soit dans le même département, soit dans un département voisin, lorsqu'il juge cette section nécessaire à la bonne exploitation de son réseau et que la commune voisine refuse de participer aux frais d'établissement. La commune intéressée peut, après avis du conseil général ou des deux conseils généraux s'il s'agit de pénétrer sur une commune d'un département voisin, obtenir par décret délibéré en conseil d'Etat, l'autorisation de la mise à l'enquête. La commune intéressée peut, dans ce cas, poursuivre l'établissement de cette section en dehors de son territoire, sans préjudice de l'exercice par le préfet de chaque département intéressé des droits de contrôle lui appartenant en vertu des lois et règlements et du cahier des charges. Art. 10. — Le conseil général ou le conseil municipal arrête, à la suite de l'enquête, l'avant-projet ainsi que les dispositions ou les traités nécessaires pour la construcII construcII 152 — tion et l'exploitation. Cet avant-projet et ces traités sont soumis à l'examen du conseil général des ponts et chaussées et du conseil d'Etat. L'utilité publique est déclarée et l'exécution est autorisée par une loi lorsqu'il est fait appel à la subvention de l'Etat; dans les autres cas, par un décret délibéré en conseil d'Etat sur le rapport du ministre des travaux publics, après avis du ministre de l'intérieur. Lorsque le concours de l'Algérie est demandé, les délibérations par lesquelles les délégations financières et le conseil supérieur de gouvernement ont accordé ce concours sont jointes au dossier. L'utilité publique est déclarée et l'exécution est autorisée par un décret délibéré en conseil d'Etat sur le rapport du ministre des travaux publics, après avis du ministre de l'intérieur. Le conseil supérieur de gouvernement a présenté au sujet de l'article 10 les observations suivantes ...Il semble que les délégations financières et le conseil supérieur devraient être consultés avant l'autorisation de mise aux enquêtes. Les assemblées financières seraient, dans tous les cas, saisies après les enquêtes, quand l'instruction de la demande serait complète. Elles voteraient définitivement, comme elles le font aujourd'hui, la subvention allouée dans chaque espèce. ,.-> r > 7 7 a J b a 5 5 a 4 4 a dj ;C ....... . . -J -c £ 5 O o£ S o S o o ?J o Q C* CC ^' ^ ^ O — ^1 - —- — —^ 1 - ^ ^ "O -I s -J- js s > t ~ ~ ~ '£ rû ° 1 ^^»sc3crLi0C!X ^ j ^ -'-' -*-> r\-\ -— T-I — —-i — o ce ;;_§;;;; 3 S ; . ;' \ \ ..... —* e — "P et o • • j . -' & t § ' ^ ^ ' '• 5 "• ' S ; oe -* ; ; ^ '. 1 '. '. a o '. ' Z* ' .ir r- zz . N —' ce © ; ' 'A 1 o '^ - ~ ï' x 3 . o C i— -~ > J=. r. -~ ^ 2 -x i o? *? 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Telle est la somme qu'il est nécessaire et urgent de réaliser pour que la construction des lignes de Constantine à Oued-Athménia et de Djidjelli à Bizot puisse être entreprise. Le règlement des comptes de l'exercice 1911 accuse pour la part de l'excédent du fonds de réserve revenant au budget des chemins de fer une somme de 8,059,254 fr. 44 à incorporer à ce budget en 1914. Si les assemblées financières algériennes déci- — 190 — claient que cette somme sera affectée en totalité à la construction des lignes nouvelles de chemins de fer du programme primitif de 1907, la dotation de ces lignes se trouverait portée de 81,406,525 fr. 30 à 89,465,783 fr. 74, chiffre qui, si l'on se reporte au tableau ci-dessus des dépenses d'établissement cumulées, permettrait, à 154,200 francs près, de construire immédiatement la ligne de Constantine à Oued-Athménia. D'autre part, ainsi qu'on l'a fait remarquer précédemment, la somme de 7,000,000 francs, inscrite au projet d'emprunt en vue de la transformation de la ligne de Souk-Ahras à Tébessa ou plus exactement de Bône à Tébessa, n'a pas encore reçu son emploi. Comme il s'agit de travaux complémentaires qui, normalement, sont imputables sur le budget ordinaire, et étant donné, en outre, d'une part, l'urgence de créer des ressources pour la construction des lignes déclarées d'utilité publique; d'autre part, les délais que nécessite, en tout état de cause, — même dans Véventualité de la solution la plus favorable et la plus rapide de la question du rachat, — l'utilisation du crédit destiné aux travaux de transformation de la ligne, l'administration estime qu'il y aurait intérêt à ajouter ces 7 millions de francs à la dotation des lignes nouvelles de chemins de fer et à reporter sur le budget ordinaire des exercices 1913 et suivants, ou sur les excédents du fonds de réserve à partir de 1915, les crédits qui seront reconnus nécessaires annuellement, après établissement des projets, pour la transformation de la ligne de Bône à Tébessa, aussi bien que pour la transformation des autres lignes du réseau BôneGuelma. Par suite de cette mesure, les ressources affectées à la construction des lignes actuellement déclarées d'utilité publique s'élèveraient à 96,465,780 francs, chiffre rond, et permettraient de construire immédiate nient a Soit la ligne de Constantine ci Oued-Athménia seulement 6,690,000 francs, dépense totale 89 mil- — 191 — lions 620,000 francs, laissant une disponibilité de 7,845,780 francs; b. Soit la section de ligne de Djidjelli à El-Milia, seulement 8,250,000 francs, dépense totale 91 milHons 180,000 francs, laissant une disponibilité de 5,285,780 francs ; c. Soit simultanément ces lignes ou sections de lignes 14,940,000 francs, dépense totale 97 millions 870,000 francs, moyennant l'inscription au budget ordinaire de 1913 d'un crédit de 1,404,220 francs ; d. Soit enfin la section de ligne de Bizot à Mila 15,000,000, dépense totale ' 97,930,000 francs, moyennant l'inscription au dit budget d'un crédit de 1,464,220 francs. Le montant des ressources à créer pour l'achèvement des lignes actuellement déclarées d'utilité publique serait d'ailleurs ramené à 24,704,220 fr., soit à 24,705,000 francs, chiffre rond. Dans des conditions analogues, la Tunisie vient d'être autorisée, par une loi du 28 mars 1912, à contracter un nouvel emprunt de 90,500,000 francs pour l'achèvement de son réseau de chemins de fer. A moins d'ajourner à une époque indéterminée l'achèvement du réseau complémentaire projeté en 1907, l'Algérie se trouve dans la nécessité de recourir à la même solution. Si les assemblées financières admettent en principe le recours à un troisième emprunt, l'administration se mettra en mesure de leur soumettre un projet au cours de leur session de 1913 et la loi autorisant l'emprunt pourra intervenir dans la même année. De cette manière, l'exécution du programme primitif de 1907 ne subira aucun retard apréciable et toutes les lignes actuellement déclarées d'utilité publique pourront être livrées à l'exploitation dans les délais prévus. Dans la séance du 8 juin 1912, les commissions des travaux publics des quatre délégations ont proposé en commun à l'assemblée plénière les résolutions suivantes 192 A. — Elles vous demandent de décider, d'ores et déjà, qu'il y a lieu de contracter un emprunt pour permettre l'exécution des chemins de fer inscrits Au programme primitif de 1907 ; Au programme complémentaire de 1907 ; • j. ' > 711 1 _ Le ministre de l intérieur a M. le Travaux de construction gouverneur général de l'Algérie - direction des chemins de fer et des mines. Par lettre du 17 février dernier, n° vous m'avez fait connaître que les prévisions de dépenses qui avaient servi de bas à vos calculs en vue d'être autorisé à commencer les travaux de construction de la ligne de Constantine à Oued-Athménia se trouvent aujourd'hui considérablement modifiées. En effet, le nouvel exposé que vous me soumettez fait ressortir une insuffisance de 12,437,475 fr. au lieu de la disponibilité précédemment accusée de 4,232,525 francs. Cette situation modifie complètement les conditions de Vautorisation que je vous ai accordée le 21 janvier dernier. J'estime, par suite, qu'il y a lieu d'attendre, pour commencer les travaux dont il s'agit, que les délégations financières ouvrent les crédits nécessaires, de telle sorte que les conditions stipulées à l'article 2 de la loi du 18 mars 1912 soient strictement remplies. P. le Ministre de l'Intérieur Le Sous-Secrétaire d'Etat, Signé PERET. — 218 II Dans l'exposé de la situation en 1914 remis aux membres des assemblées financières avant la session, session, a pour chacune des lignes du programme programme de 1907, et par catégories de travaux ou de fournitures, la comparaison des évaluations des avant-projets et des évaluations nouvelles 31 décembre 1913. Le tableau de ces évaluations comparées fait ressortir, ainsi qu'il a été dit plus haut, une augmentation de 23,180,000 francs par rapport aux prévisions des avant-projets. A l'appui de ces chiffres on a joint les renseignements fournis par le service technique sur les causes de la majoration dont il s'agit. M. l'inspecteur général des ponts et chaussées de l'Algérie, consulté sur la .révision d-es dépenses proposée par les ingénieurs, a émis, à la date du 19 février 1914, l'avis ci-après M. le gouverneur général nous a communiqué le 2 de ce mois, un rapport de M. Vicaire, ingénieur en chef du service des études et travaux des li gnes en construction en Algérie, avec un projet de lettre à adresser au ministre de l'intérieur au sujet du commencement des travaux de la ligne de Constantine à l'oued Athménia. M. l'ingénieur en chef Vicaire, dans son rapport du 31 janvier, présente deux tableaux, l'un d'en semble et l'autre de détail, où il compare les éva luations des lignes actuellement en construction. faites en 1912 d'après les avant-projets de ces lic gnes, à celles qui résultent des projets d'exécu tion, des marchés déjà passés et des travaux en cours. Ces évaluations comparatives se rapportent aux lignes suivantes _ 219 — Département d'Oran de Béni-Saf à Tlemcen 67 k. de Bel-Abhès à Tizi 82 600 de Tizi à Uzès-le-Duc 64 de Relizane à Prévost-Paradol 84 600 Département d'Alger de Ténès à Orléansville 57 de Berrouaghia à Boghari „__ > 197 de Boghari à Djelfa de Bouïra à Aumale 47 Département de Constantine de Constantine à l'Oued Athménia.. . 44 500 d'Aïn-Béïda à Tébessa / 124 de la Meskiana à Morsott \ Total.. 767 700 a Toutes ces lignes sont en cours d'exécution saut celle de Constantine à l'oued Athménia. Il met à part une ligne de Bizot à Djidjelli, qui a été dé clarée d'utilité publique en même temps que celle de Constantine à l'Oued Athménia, mais dont les études définitives n'ont été faites qu'en partie. Néanmoins, il pense qu'une première estima tion montant à 31,550,000 francs, doit être portée Elles entivnl en ligne du compte dans les insuffisances à pourvoir au moyen de l'emprunt de francs. I LO lO 00. I 224 Du tableau qui précède il résulte que les insuffisances révélées par les nouvelles évaluations, comparées avec les prévisions primitives, ne sont pas inférieures à 38,500,000 francs 143,219,889'16 — 104,700,000 fr. = 38,519,889*16 Les ressources réalisées, tant à l'aide des emprunts autorisés en 1902 et en 1907 qu'au moyen de prélèvements sur les excédents budgétaires, n'ayant atteint que 115,098,039 fr. 89, il manque, en nombre rond, 28,150,000 francs pour l'achèvement des travaux entrepris 143,219,889'16 — 115,098,039*89 = 28,121,849r27 // y a lieu de relever que, parmi les dépenses à couvrir figurent les lignes de Sfax à Bou-Thadi 5 millions et la ligne de Menzel-bou-Zelfa à Kélibia 5,500,000 francs qui n'ont pas reçu un commencement d'exécution et dont les dotations ont servi à assurer la mise en chantier des autres lignes. Les dépassements les plus importants se sont produits sur les lignes de Kairouan à HenchirSouatir 2,300,000 francs, Bizerte aux Nefzas et à Tabarka 13,200,000 francs, Sfax et Sousse 2 millions 500,000 francs, Moteur à Nebeur 11,800,000 francs. Le matériel roulant fait, lui aussi, l'objet d'une insuffisance de 5 millions. Quelles sont les causes de ces dépassements, vraiment considérables ? Elles sont d'ordres divers, dont la responsabilité, comme nous allons le voir, remonte, pour partie à l'administration tunisienne et à l'administration métropolitaine, mais dont il serait injuste de rendre ces deux administrations entièrement responsables. En premier lieu, il est hors de doute que, notamment en ce qui concerne le programme de 1907, un certain nombre de projets n'avaient fait l'objet d'aucun examen sérieux. Les devis avaient été arrêtés au vu de la carie générale de la Tunisie, sans étude sur place et sans calculs précdables. Nous en~ 225 trouvons l'aveu dans le rapport présenté, à ce sujet, à la conférence consultative tunisienne par la commission des travaux publics, le 19 novembre 1908, dont nous croyons devoir passer sous les yeux du sénat l'extrait suivant M. le directeur des travaux publics fit revivre devant nous une page de l'histoire économique de la Tunisie. Il nous rappela dans quelles con ditions avait été voté le 30 décembre 1906 l'em prunt tunisien. Depuis longtemps, la Tunisie ployait sous le a poids de ses richesses minières et chacun de nous se préoccupait de leur fournir le rail qui, les amenant à la mer, devait conserver le magnifi que essor industriel de ce pays. Les corps élus avaient préconisé la nécessité de Vemprunt. Retenus par la crainte que nous inspirait l'op position du ministre des finances de la républi que française, nous n'osions espérer que nos voeux seraient accueillis favorablement. Brusquement, dans le courant de l'été 1906, la situation politique se modifia et M. Pichon, notre résident général, dont l'influence grandissait au parlement, demanda en toute hâte un program me de travaux pour chiffrer le montant de l'em prunt. M. le directeur des travaux publics dut se met tre immédiatement à l'oeuvre et établit avec quel que précipitation les calculs nécessaires à ce pro jet. Les dépenses furent évaluées d'après les prix de revient des lignes ferrées déjà construites en Tunisie, il fallut de plus comprimer les chiffres pour obtenir un total susceptible d'être accepté par le ministre des finances. Le maximum imposé s'élevait à 75,000,000 fr. / a haussé de plus de 50 %. Le prix de la main d'oeuvre s'est considérablement élevé. Enfin, di~ c verses causes d'ordre local sont intervenues insalubrité de certaines régions où les européens o s'installaient pour la première fois; difficultés c d'accès des chantiers dues au relief du sol, aux i- pluies persistantes; rareté des matériaux dans . les régions traversées, et, dans certains cas, com position chimique du sol qui a nécessité des pro cédés de construction spéciaux. — 228 — Toutes ces causes d'augmentation, impossibles — "c £ •— ^pt-5 SS H CONDITIONS js^B ™= S communes a D.^3 3" .g" o Largeur de la voie 1 » » r±\ Largeur du matériel rou- rou- lanl toute saillies com-f prises 2 ; O / Hauteur du matériel au-j dessus des rails S » >'> ' 3,80 Minimum du rayon des cour- ; m m exception. ues » » nellemont 200 m. Alignement droit entre 2 courbes de sens contraire " » j "5 m. Maximum de déclivités par 1 0,010. esceptionmetre esceptionmetre » nellement Palier entre déclivité de sens contraire » > 100 mètres Rails en acier poids minimum par mètre \ » » 25kgs En principe sauf exceptions! i»;A„ i Traverses métaljustifiées. métaljustifiées. » liques. Enfin plateforme entièrement j indépendante de celle des! routes et chemins . . i » » J 1 L'application de ces caractéristiques aux avantprojets avantprojets ont servi de base aux demandes antérieures antérieures concessions aura généralement pour conséquence, en premier lieu, d'entraîner d'importants remaniements du tracé primitif et en second lieu, d'occasionner des augmentations de dépenses qui pourraient être considérables si le programme qui vient d'être défini devait être considéré comme absolument absolument impératif. Meus une réserve formelle s'impose à cet égard. Le projet d'emprunt a été établi d'après des éva- 235 Incitions dans les limites desquelles il importe de maintenir le chiffre de la dépense totale. Tout en cherchant à se rapprocher pour chaque ligne des caractéristiques générales sus-indiquées, MM. les ingénieurs devront se préoccuper de ne pas dépasser sans nécessité absolue leurs prévisions primitives. Des augmentations de dépenses d'établissement ne pourraient être admises par mon administration que dans le cas où elles s'imposeraient absolument soit pour obvier à des difficultés de construction dont les études sommaires qui ont servi de base aur évaluations primitives n'auraient pas permis de se rendre un compte exact, soit pour procurer à l'exploitation des facilités ou des conditions plus avantageuses dont l'effet se traduirait par des réductions de dépenses annuelles assez élevées pour compenser les charges supplémentaires à prévoir de ce chef pour l'établissement des lignes. Le mémoire justificatif à produire avec le dossier de l'avant-projet de chaque ligne devra contenir les justifications les plus complètes, tant au sujet des caractéristiques qu'en ce. qui concerne le prix probable d'établissement. Pour la ligne de Djidjelli à Constantine, en particulier, j'attache la plus grande importance à ce que MM. les ingénieurs procèdent, au double point de vue que je viens d'exposer, à une révision très sévère des avant-projets partiels ou d'ensemble dressés jusqu'à ce jour. Ils devront également/pour permettre aux particuliers et aux corps élus intéressés de se prononcer en toute connaissance de cause sur le tracé lors de l'enquête d'utilité publique, comprendre dans leurs études les variantes par le versant nord du Chettaba et par Bizot, dont l'intérêt a été signalé par M. l'ingénieur en chef Boisnier dans ses derniers rapports. J'adresse directement ampliation de la présente dépêche pour exécution à MM. les ingénieurs en chef de votre département. Le gouverneur général, Signé JONNART. 236 Les avant-projets furent établis conformément à ces instructions. L'estimation des dépenses était de 107,276,000 francs. Le conseil général des ponts et chaussées la porta à 121,170,000 francs 1906-1910. Depuis cette époque, le développement du trafic a conduit l'administration des chemins de fer de l'Etat à l'adoption d'un matériel roulant plus puissant et plus lourd, adoption qui a eu pour conséquences le renforcement de la voie, y compris les ponts métalliques, et l'augmentaion des prévisions de dépenses de l'infrastructure et du matériel roulant. Il a fallu également, dans toutes les gares de jonction des lignes nouvelles avec les anciens réseaux, exécuter des travaux importants d'aménagement et d'agrandissement, que rien ne faisait présager en 1906, et dont les dépenses ont dû être prises en charge pour la presque totalité par les lignes, nouvelles. En résumé, le type des chemins de fer du programme de 1907 a subi, en cours d'exécution de ce programme, la même transformation que le type des chemins de fer du réseau de l'Etat en exploitation et les majorations qui ont été successivement apportées aux prévisions de dépenses de premier établissement de ces lignes correspondent aux dépenses complémentaires d'établissement du dit réseau et sont dues à la même cause, c'est-à-dire à la nécessité d'approprier l'instrument de transport au rôle qu'il est appelé à jouer dans le développement économique de la colonie. Si le service technique n'a pas fait connaître plus tôt le montant des majorations de dépenses qui devait être le résultat de cet état de choses, c'est qu'il lui était impossible d'en fournir le chiffre avec quelque approximation tant que les travaux d'infrastructure ne seraient pas adjugés pour la presque totalité des lots, tant que les marchés pour la fourniture du matériel de la superstructure et pour la fourniture et la mise en place des ponts métalliques ne seraient pas passés et enfin tant que — 237 — les commandes du matériel roulant pour les lignes nouvelles ne seraient pas lancées. C'est seulement en effet, en rapprochant les prix réels, susceptibles à bref délai de variations considérables, des prix prévus en 1908 et 1909 aux avant-projets, que les ingénieurs pouvaient faire un travail utile. Ces conditions se sont trouvées réalisées en 1912 pour la ligne de Berrouaghia à Boghari aussi la révision des dépenses d'établisement de cette ligne a-telle été soumise aux asemblées financières dans leur session de 1913 1. Pour l'ensemble des autres lignes c'est seulement au commencement de l'année 1914 que l'avancement des travaux a permis d'effectuer la même révision. ni D'après les nouvelles évaluations, les prévisions de dépenses de premier établissement des lignes de chemins de fer, s'élèvent à 144,440,000 francs. Si l'on répartit ces lignes en deux groupes, celles qui sont en cours d'exécution et celles qui sont en cours d'études, la répartition des dépenses est la suivante 1° LIGNES EN COURS D'EXÉCUTION Oran Beni-Saf à Tlemcen... Sidi-bel-Abbès à Tizi.. Tizi à Uzès-le-Duc.... Relizane à Prévost-Paradol Prévost-Paradol 1 Chemins de fer. Projet d'un 3e emprunt 1913, pages 10, 168 à 176. — 238 — Alger Ténès à Orléansville. . Berrouaghia à Boghari Boghari Boghari à Djelfa .... Bouïra à Aumale Constantine Aïn-Beida à Tébessa et à Morsott . 2° LIGNES EN COURS D'ÉTUDES Constantine Constantine à OuedAthménia OuedAthménia Bizot à Djidjelli Total Les ressources réalisées à ce jour pour faire face aux dépenses dont il s'agit, sont les suivantes 1° Fonds d'emprunt 2° Crédits ouverts sur les fonds du budget ordinaire des exercices 1906 à 1909 3° Excédents du fonds de réserve en fonds de réserve en 1910, 1911 et 1912 4° Excédents du fonds de réserve en 1914 Total Ainsi qu'on l'a rappelé précédemment, Fadmi- — 239 — nistration, en présentant le budget de 1913, avait signalé que la situation provisoire de l'exercice 1912 se soldait par un excédent probable de 20 milions milions fr. 17 et indiqué la possibilité d'affecter d'affecter service des chemins de fer, par prélèvement sur cet excédent, les sommes suivantes Achèvement du programme de 1907 Gare du réseau de l'Etat à Oran Transformation de la ligne de Bône à Tébessa Total Les commissions des chemins de fer, des travaux publics et de la colonisation avaient porté à 11 millions millions 111 fr. 53 le crédit destiné à l'achèvement du programme de 1907; mais la commission des finances des délégations avait réservé son avis, en faisant observer que la répartition de l'excédent de 1912 pourrait être influencée par de nouveaux crédits crédits inscrire, particulièrement celui de 5 millions pour participation aux dépenses d'armement extraordinaire extraordinaire de la métrople. Cette éventualité s'est en effet, produite. L'administration, L'administration, en établissant le projet de budget de 1915, s'est trouvée dans la nécessité de faire face à des dépenses qu'il n'était pas possible de prévoir au commencement de 1913, et c'est seulement par une compression énergique des dépenses des divers services qu'elle est arrivée à inscrire, pour l'achèvement l'achèvement du programme des chemins de fer de 1907, un crédit qui a été porté successivement de deux millions et demi à quatre et enfin à six millions. L'ensemble des ressources créées pour la réalisation du programme de 1907 s'élève donc à 94,000,000 de francs, chiffre rond, dont 6,000,000 de francs disponibles au 1er janvier 1915 seulement. Si l'on compare la totalité de ces ressources à la totalité des prévisions de dépenses d'établissement pour les deux groupes de lignes — lignes en cours 240 d'exécution et lignes en cours d'études — l'insuffisance l'insuffisance ressources ressort à 50,440,000 francs. Si on la compare aux prévisions de dépenses du premier groupe seulement — lignes en cours d'exécution d'exécution — l'insuffisance ressort à 6,440,000 francs. Mais il convient d'observer que les lignes de ce groupe ne seront pas terminées avant plusieurs années, années, qu'elles n'ont donc pas besoin en ce moment de toute leur dotation et que, d'ailleurs, les lois déclaratives d'utilité publique les concernant prévoient pour leur exécution le recours au budget ordinaire, concurremment avec les fonds d'emprunt, sans contenir à leur égard la réserve formelle qui interdit d'entreprendre les lignes du second groupe avant que la totalité des ressources nécessaires à leur exécution ait été réalisée. Dans ces conditions, sous la réserve expresse qu'il sera pourvu par l'inscription au budget ordinaire des années 1916, 1917 et suivantes des crédits qu'exige la marche normale des travaux d'établissement des lignes du premier groupe — ce qui est une nécessité absolue; car l'arrêt des travaux serait désastreux pour l'Algérie; — il semble qu'il soit possible, sans créer en 1915 d'autres ressources que celles que prévoit le budget de cet exercice, simplement en spécialisant ces ressources, d'entreprendre dès 1914 l'exécution de l'une des lignes du second groupe, celle de Constantine à Oued Athménia. En effet, d'après la révision au 31 décembre 1913 des dépenses d'établissement des lignes nouvelles de chemins de fer, la ligne de Constantine à OuedAthmenia doit coûter 9,000,000 francs. Or, le budget de 1914 comporte à la section XI, chapitre 35, sous la lubrique construction de lignes nouvelles de chemins de fer >> un crédit de fr. qui ne peut être utilisé en 1914 sur les lignes du premier groupe. Si ce crédit était affecté exclusi- 241 veinent à la ligne de Constantine à Oued-Athmenia, il ne manquerait, pour compléter la dotation de celleci, qu'une somme de fr. à prélever sur le crédit de 6,000,000 francs inscrit au projet de budget de 1915, avec la même destination. Les ressources nécessaires pour la construction de la ligne de Gonstantine à Oued-Athmenia seraient ainsi créées, sans pouvoir être employées à une autre destination, et dans ce cas, le gouverneraient, si l'on se réfère à ses réponses à la précédente demande qui lui a été adressée au sujet de la même ligne, ne se refuserait sans doute pas à admettre la spécialisation des crédits telle qu'elle vient d'être indiquée, ainsi que la construction immédiate de la ligne de Gonstantine à Oued-Athmenia, pourvu que les assemblées financières algériennes aient pris sur ces deux questions des délibérations fermes et donné l'assurance qu'elles inscriront, chaque année, au budget ordinaire, les crédits indispensables pour la bonne marche des travaux sur les lignes en cours d'exécution. En conséquence, l'administration propose aux assemblées financières de vouloir bien décider d'une façon ferme et définitive * 1° Que le crédit de 7,806,000 francs, inscrit au budget de 1914, section XI, emploi des excédents du fonds de réserve, sous la rubrique générale construction des lignes nouvelles de chemins de fer » sera affecté uniquement à la construction de la ligne de Gonstantine à Oued-Athmenia, à l'exclusion de toutes autres lignes; 2° Que le crédit de 5,596,900 franco, prévu au projet de budget de 1915, section XI, emploi des excédents du fonds de réserve, sous la même rubrique générale construction des lignes nouvelles de chemins de fer » sera affecté, jusqu'à concurrence de 1,194,000 francs, à compléter la dotation de la ligne de Constantine à Oued-Athmenia et pour le 16 P. 242 surplus, soit 4,762,900 francs, à commencer la dotation de la ligne de Djidjelli à Bizot ; 3° Que les travaux de la ligne de Constantine à Oued-Athmenia devront être entrepris dès que le gouvernement en aura donné l'autorisation. Quant à la ligne de Djidjelli à Bizot, l'administration, que préoccupe vivement la situation créée à cette ligne par la réserve insérée dans la loi déclarative d'utilité publique, espère pouvoir être en mesure de soumettre aux assemblées financières algériennes, dans leur session de 1915, des propositions en vue de passer de la période des études à la période des travaux. On pourrait tout d'abord demander au ministre de l'intérieur l'autorisation de construire l'une des sections de la ligne jusqu'à concurrence de la somme de 4,762,900 francs, indiquée plus haut. D'autre part, les délégations financières n'ignorent pas que la direction des chemins de fer algériens de l'Etat prépare un projet d'emprunt dans lequel il serait possible de comprendre les 4 millions, destinés dans le projet de budget de 1915, à la transformation du Bône-Guelma-Souk-Ahras, ce qui libérerait 4 millions de plus. Les délégations auront enfin toute liberté pour envisager dès maintenant la possibilité de réserver, sur les excédents du fonds de réserve afférents aux exercices 1913 et 1914, la somme nécessaire pour parfaire la dotation de la ligne Bizot-Djidjelli. On est fondé d'ailleurs à penser que le retard réel que subira l'ouverture de la ligne à l'exploitation se trouvera très atténué en premier lieu, parce que tous les projets d'exécution seront prêts lorsque l'autorisation de commencer les travaux sera donnée et, en second lieu, parce que le personnel devenu disponible sur les autres lignes en cours d'achèvement pourra être employé à renforcer celui de la ligne. Les travaux seront, en outre, conduits de manière à permettre la mise en exploitation successive des 243 - diverses sections en commençant par les sections extrêmes. Satisfaction sera ainsi donnée, dans la mesure du possible, aux desiderata des populations intéressées. — 244 — RACHAT DU RESEAU ALGERIEN DE LA COMPAGNIE BONE-GUELMA, VENTILATION DE L'ACTIF DE LA COMPAGNIE ENTRE SES RESEAUX ALGERIEN ET TUNISIEN. Par une lettre du 8 avril dernier, M. le ministre des travaux publics a informé M. le gouverneur général que le conseil d'Etat venait d'adopter le projet de décret ayant pour objet d'autoriser le rachat du réseau algérien concédé à la compagnie des chemins de fer de Bône à Guelma et prolongements. La teneur de ce projet est la suivante Le Président de la République Française ; Sur le rapport du ministre des travaux publics, et du ministre des finances, Vu la loi du 23 juillet 1904, déterminant les participations de l'Etat et de l'Algérie dans la charge annuelle des chemins de fer de la colonie et notamment l'article 7 ainsi conçu Les modifications qui seraient apportées aux conventions existantes, avec ou sans changement dans la constitution des réseaux, le rachat, Fex ploitation en régie des lignes actuellement concé dées, devront être délibérés par les délégations financières et le conseil supérieur du gouvernece ment, dans les formes prévues pour le vote du les formes prévues pour le vote du budget spé cial, et approuvée par une loi. , Reste » A ajouter Frais généraux l/10e » Total » L'avant-projet a été soumis à une enquête d'utilité publique dont les conclusions ont été favorables. Les études définitives sont actuellement poursuivies en vue de l'établissement des projets- d'exécution; elles comprennent, en particulier, le perce17 perce17 — 258 — ment d'une galerie pilote à l'emplacement du tunnel de l'Akboub longueur mètres. En raison de l'ancienneté de la déclaration d'utilité d'utilité du chemin de fer de Mostaganem à Tiaret, qui remonte au 15 avril 1885 et de l'importance l'importance modifications à apporter au tracé, une nouvelle déclaration d'utilité publique est nécessaire en ce qui concerne la rectification. De même que pour les travaux complémentaires d'établissement, cette déclaration doit être prononcée par un décret. En conséquence, l'administration a préparé le projet de décret suivant, dont elle soumet les dispositions à l'approbation des assemblées financières algériennes avant de le transmettre à M. le ministre des travaux publics. PROJET DE DÉCRET Le président de la république française, Sur le rapport du ministre des travaux publics, Vu la loi du 15 avril 1885 qui a déclaré d'utilité publique, à titre d'intérêt général, l'établissement du chemin de fer de Mostaganem à Tiaret, par ou près Aïn-Tédelès, Relizane et Fortassa et approuvé la convention provisoire passée le 15 mai 1884 entre le ministre des travaux publics et la compagnie franco-algérienne pour la concession du dit chemin de fer; Vu la loi du 12 décembre 1900 ayant pour objet le rachat des concessions de chemins de fer de la compagnie franco-algérienne ; Vu la loi du 23 juillet 1904 déterminant les participations de l'Etat et de l'Algérie dans la charge annuelle des chemins de fer algériens; Vu le décret du 24 mars 1905 chargeant la direction des chemins de fer de l'Etat de l'exploitation d_es lignes rachetées à la compagnie franco-algérienne et de leurs prolongements; Vu le décret du 27 décembre 1912 relatif à l'organisation administrative et financière des chemins de fer algériens de l'Etat; 259 — Vu l'a vaut-projet de la rectification de la ligne de chemin de fer de Mostaganem à Tiaret entre Aïh-Tédelès et Bel-Hacel ; Vu les pièces de l'enquête d'utilité publique ouverte sur cet avant-projet en exécution de l'ordonnance du 18 février 1834; Vu les délibérations de l'assemblée plénière des dèlgations financières et du conseil supérieur, en date du et du Vu la lettre du gouverneur général de l'Algérie en date du Le conseil d'Etat entendu, DÉCRÈTE Article lel. — Sont déclarés d'utilité publique les la rectification de la ligne de chemin de fer de Mostaganem à Tiaret, entre Aïn-Tédelès et Bel-Hacel, conformément aux dispositions générales de l'avant-projet soumis à l'enquête. La présente déclaration d'utilité publique sera considérée comme nulle et non avenue si les expropriations nécessaires pour l'exécution de la rectification ne sont pas accomplies dans un délai de deux ans à partir de la date du présent décret. Article 2. — Les dépenses de la rectification sont à la charge du budget ordinaire de l'Algérie, qui devra prévoir chaque année les crédits nécessaires pour les travaux jusqu'à leur entier achèvement. Article 3. — Les parties du tracé actuel de la ligne de Mostaganem à Tiaret auxquelles sera substituée la rectification projetée sont déclassées; mais ce déclassement ne recevra son effet qu'après la mise en exploitation de la rectification. ' Article 4. — Le ministre des travaux publics est chargé de l'exécution du présent décret, qui sera inséré au Bulletin des lois et au Bulletin officiel du gouvernement général de l'Algérie. Fait à Paris, le — 260 — TRAVAUX A EFFECTUER SUR LES FONDS D'EMPRUNT MODIFICATIONS AL PROGRAMME DES DE COLONISATION Les projets de création des centres de Réchaïga commune mixte de Chellala, arrondissement de Médéa, d'Aïn-Kermès commune mixte du DjebelNador, arrondissement de Mascara, de Saguiet Sidi-Youssef commune mixte de Souk-Ahras, arrondissement de Guelma sont inscrits au programme des travaux à exécuter sur les fonds du second emprunt et dotés, respectivement, de 400,000 francs, de 375,000 francs et de 126,000 fr. Le degré d'avancement des études et des opérations préliminaires relatives à ces projets donne à penser qu'ils ne pourront être réalisés que dans un avenir assez éloigné. D'autres projets, par contre, présentent un degré d'urgence plus marqué ou sont susceptibles d'être prochainement réalisés. Ce sont notamment, dans le département d'Alger, les centres de Champlain commune mixte de Rerrouaghia qui figure déjà, à titre de mémoire, au programme de second emprunt, et de Sicli-Yacoub commune mixte de l'Ouarsenis destiné à jalonner la future ligne du chemin de fer d'Orléans ville à Vialar; dans le département d'Oran, les villages d'Oued-Selen commune mixte Zemmora, dont les terres sont déjà expropriées, et de Rerkèche, commune mixte d'Aïn-Témouchent, appelé à devenir l'un des centres les plus prospères de la région; dans le département de Constantine enfin, le centre de Zana, dont les travaux d'installation sont en suspens, depuis deux ans, par suite du manque de crédits pour le paiement des terres, et dont le conseil général de Constantine a demandé instamment l'achèvement. On propose d'affecter à la réalisation de ces projets la somme totale de 901,400 francs, provenant — 261 — des dotations des centres de Rechaïga, Aïn-Kermès et Saguiet Sidi-Youssef, en la répartissant de la manière suivante i Département d'Alger Champlain Sidi-Yacoub Département d'Oran Oued-Selen Berkèche Département de Constantine Zana Total Le centre d'Oued-Selen figurant déjà au programme du second emprunt pour un crédit de 180,000 francs, sa dotation se trouvera ainsi portée à la somme globale de 355,000 francs. Les projets de Rechaïga, Aïn-Kermès et Saguiet Sidi-Youssef seront, s'il y a lieu, exécutés soit sur les fonds troisième emprunt, soit sur les disponibilités ultérieures du budget ordinaire. — 262 — RENOUVELLEMENT DES FEUILLES DE COUPONS DES OBLIGATIONS DE LA COMPAGNIE FRANCO-ALGERIENNE. Au cours des années 1914 et 1915, il doit être procédé, par les soins de la banque de l'Union parisienne, parisienne, renouvellement des feuilles de coupons de la compagnie franco-algérienne. Les frais prévus pour cette opération s'élèvent à la somme totale de 17,896 fr. 60 se décomposant comme suit Année 1914. — Confection de feuilles concernant les titres des lignes de Mostaganem, d'AïnThizi et de Modzbah. — Prix à forfait » Frais de collage, apposition des timbres, vérification, etc. à 0,10 par feuille 60 Total 60 Année 1915. — Confection de feuilles concernant les titres de la ligne de Méchéria. — Prix à forfait Frais de collage, apposition des timbres, vérification, etc Total Les crédits nécessaires pour le règlement de la dépense de 4,069 francs imputable à l'exercice 1915 sont compris au chapitre 6, lre section du projet de budget de cet exercice. Mais l'administration ne dispose d'aucun crédit permettant de faire face à la dépense de 13,827 fr. 60 imputable à l'exercice 1914. Saisi de cette situation, M. le ministre des finances a autorisé l'imputation provisoire au compte hors budget des dépenses à régulariser du montant des frais de renouvellement qui seraient exposés du 1er octobre 1913 au 31 décembre 1914 et dont le règle- i; 263 ment ne serait demandé par la banque de l'Union parisienne qu'au cours de l'année 1914. Il lui a paru, d'autre part, d'accord avec M. le Ministre de l'intérieur que, s'agissant dune dépense obligatoire incombant à l'Algérie en exécution de la loi du 23 1904, il y aurait lieu, pour rembourser le trésor de son avance, de recourir à la procédure d'inscription d'office prévue par l'article 5, 5e alinéa, de la loi du 19 décembre 1900. M. le Ministre de l'intérieur s'était proposé, en conséquence, d'effectuer l'inscription au budget de l'exercice en cours du crédit de 13,827 fr. 60 nécessaire pour le règlement de l'avance du trésor, en insérant, à cet effet, des dispositions spéciales dans le décret préparé par ses soins et édicté le 29 mars 1914 en vue de l'ouverture d'office, au dit budget, d'une somme de 20,000 francs affectée aux dépenses résultant de la loi du 29 juillet 1913 sur la liberté et le secret du vote. Mais les sections réunies de l'intérieur et des finances, du conseil d'Etat ont estimé qu'à cet égard une délibération spéciale des assemblées financières était nécessaire. Les délégations sont, en conséquence, appelées à délibérer sur la question, au cours de leur présente session. — 264 — CAISSE DE RETRAITES DE L'ALGERIE Admission au bénéfice de la retraite sur la caisse locale de l'Algérie des surveillants chefs d'ateliers et des surveillants, chefs d'équipe du service des postes, des télégraphes et des téléphones. Le projet de budget pour l'exercice 1915 comprend à la section VI chapitre 1er la création de deux emplois de surveillant chef d'atelier et de 10 emplois de surveillant chef d'équipe du cadre algérien, par transformation de 12 emplois de surveillant du même ordre. Afin de permettre à ces nouveaux agents coloniaux d'effectuer les versements réglementaires pour la constitution de leurs droits à une pension, il est nécessaire de les admettre au bénéfice de la retraite sur la caisse locale de l'Algérie dans les formes prévues par l'article 1er deuxième alinéa du décret du 16 juillet 1907. A cet effet, le projet de décision suivant est soumis aux délibérations des délégations financières et du conseil supérieur. PROJET DE DÉCISION Sont admis au bénéfice de la retraite sur la caisse locale de l'Algérie, les surveillants chefs d'ateliers et les surveillants chefs d'équipe du service des postes, des télégraphes et des téléphones en Algérie. — 265 — CAISSE DES RETRAITES DE L'ALGERIE Classement du personnel des maîtres et gardiens de phare dans le service actif L'article 86 de la loi de finances du 10 avril 1910 a classé dans le service actif, le personnel des maîtres et gardiens de phare. Cette disposition est applicable de plein droit aux maîtres et gardiens de phare de l'Algérie qui sont placés, au point de vue des retraites, sous le régime de la loi du 9 juin 1853 sur les pensions civiles. Il paraît équitable de faire bénéficier de la même mesure, les agents de ce service qui, entrés en fonctions depuis le 1er janvier 1901, sont placés, de ce fait, sous le régime du décret du 16 juillet 1907 sur les conditions de fonctionnement de la caisse des retraites de l'Algérie. Or, d'après l'article 5 § 4 de ce décret, aucun emploi ne peut être compris dans le service actif ni assimilé qu'en vertu d'un décret rendu sur la proposition du gouverneur général, après avis conforme des délégations financières et du conseil supérieur de gouvernement. A cet effet, le projet de décision suivant est soumis aux délibérations des assemblées financières algériennes. PROJET DE DÉCISION Est complété, ainsi qu'il suit, le tableau des emplois du service actif annexé à l'article 5 § 3 du décret du 16 juillet 1907 Travaux publics Maîtres et gardiens de phare en Algérie. .V- 4v — 266 — PROJET DE DECISION relatif à lu taxe à percevoir pour la vérification des récipients à gaz comprimés ou liquéfiés L'arrêté ministériel du 12 novembre 1897 impose aux propriétaires de récipients destinés au transport par voie ferrée de gaz comprimés ou liquéfiés, l'obligation de soumettre ces appareils à des épreuves officielles. Ces épreuves doivent être effectuées par les agents du service des mines, mais aucun texte ne fixe pour l'Algérie le mode ni les règles de perception des taxes auxquelles seront assujettis les propriétaires en remboursement des dépenses engagées par la colonie pour cette vérification. Dans la métropole, la question est réglée par l'article 9 de la loi de finances du 13 avril 1898 qui a étendu aux épreuves des récipients à gaz les dispositions des articles 6 et 7 de la loi de finance du 18 juillet 1892 relatifs aux épreuves des appareils à vapeur et a fixé en principal à cinq francs pour les récipients d'une capacité supérieure à 100 litres, et à cinquante centimes pour les récipients d'une capacité égale ou inférieure à 100 litres, les droits à percevoir pour chaque vérification suivie d'un ou de plusieurs poinçonnages. Un décret du 12 septembre 1901 a réglementé en Algérie l'établissement et la perception des droits d'épreuves des appareils à vapeur, en reproduisant les dispositions des articles 6 et 7 de la loi du 18 juillet 1892. mais sans régler la question des droits d'épreuve des récipients à gaz. Les nécessités de l'industrie moderne, notamment l'emploi de plus en plus fréquent de la soudure autogène développeront certainement dans la colonie l'usage des récipients à gaz comprimés ou liquéfiés dont les frais d'épreuve devront être supportés par les intéressés; il importe donc de fixer le mode de paiement de ces frais. Il paraît tout indiqué de mettre en vigueur, en 267 Algérie, comme on l'a fait en 1901, pour les appareils à vapeur, les dispositions qui régissent la matière dans la métropole. En conséquence, les délégations financières sont appelées à délibérer sur le projet de décision ciaprès Article unique. — Les dispositions des articles 1 et 2 du décret du 12 septembre 1901, relatif aux droits d'épreuve des à vapeur, sont applicables aux épreuves ou vérifications des récipients à gaz liquéfiés ou comprimés, exigées par les règlements règlements le transport par cbemin de fer des matières dangereuses ou infectes. Il sera perçu, en principal, pour chaque opération suivie d'un ou plusieurs poinçonnages, cinq 5 francs pour les récipients d'une capacité de plus de 100 litres et cinquante centimes 0 fr. 50 pour les récipients d'une capacité égale ou inférieure à 100 litres. — 268 — PERSONNEL DES PONTS ET CHAUSSEES ET DES MINES Amélioration des traitements Au cours de leur dernière session, les assemblées algériennes ont inscrit au budget de l'exercice 1914 les crédits nécessaires pour allouer aux sousingénieurs, conducteurs et contrôleurs des ponts et chaussées et des mines, détachés en Algérie, les traitements fixés par deux décrets du 8 juillet 1912, et non encore entièrement appliqués. Elles ont décidé, en outre, de séparer le quart colonial de l'indemnité fixe attribuée à ces fonctionnaires de manière qu'ils puissent bénéficier, automatiquement, d'une majoration d'un quart de l'augmentation de traitement à eux concédée par les dits décrets. A ce dernier effet, les assemblées ont fait aux chapitres du budget qui supportent les traitements du personnel intéressé, des inscriptions de crédits égales à la moitié sommes nécessaires pour l'accomplissement de cette réforme, en spécifiant que l'autre moitié serait portée budgt de 1915. Les inscriptions ainsi ajournées et d'ailleurs prévues au projet de budget de 1915, sont les suivantes suivantes Section VIL — Ponts et chaussées. . . » Section VII bis. — Chemins de fer. . 50 Section VII 1er. — Mines » en y comprenant la dépense afférente au relèvement des indemnités fixes de l'inspecteur général et des ingénieurs en chef ou ordinaires. Enfin, les assemblées financières ont exprimé le désir, sur la proposition de la commission des finances et d'accord avec l'administration, de voir le personnel profiter des avantages complets'de la mesure, dès le lpr janvier 1914, si, comme il arrive régulièrement, les interruptions de service et les — 269 — vacances faisaient apparaître les disponibilités nécessaires. nécessaires. En suite de ces décisions et voeux des assemblées, et les disponibilités budgétaires ayant été reconnues reconnues un gouvernemental du 30 décembre 1913 a séparé le quart colonial des indemenités proprement dites et fixé ces dernières suivant une échelle allant de 1,200 francs pour les conducteurs ou contrôleurs de 4e classe, à 1,575 francs pour les sous-ingénieurs principaux et de 4,000 francs pour les ingénieurs ordinaires, à 6,000 francs pour les inspecteurs généraux. Mais si la mesure voulue par les délégations, est maintenant complètement réalisée pour les ingénieurs et les inspecteurs généraux, il n'en est pas de même en ce qui concerne les conducteurs et les sous-ingéniurs. Pour que ces derniers fonctionnaires fonctionnaires puissent bénéficier pleinement des sacrifices consentis par la colonie en leur faveur, il indispensable allouer les traitements des décrets de 1912, avec le quart colonial correspondant, d'ailleurs admis par les assemblées assemblées pour être appliqués en 1914 ainsi qu'il résulte des tableaux insérés dans le rapport de M. Colomiès 1, savoir Traitements Quart métrqpoIttaln'S colonial Total Sous-ingénieur principal Sous-ingénieur de lre classe. Sous-Ingénieur de 2e classe.. Conducteur ou contrôleur de lre classe 875 de 2e classe 3 . 000 750 3. 750 de 3e classe 650 de 4e classe 550 2 . 750 La décision pour prononcer le passage du traitement traitement au traitement nouveau appartenant 1 Délégations financières, 1913. — Assemblées plénières, pages 781 et 783. — 270 — au ministre des travaux publics, des propositions dans ce sens lui ont été adressées en temps voulu, auxquelles il a été répondu
Le JORA, Journal officiel de la République algérienne الجريدة الرسمية Journal officiel de la République Algérienne Démocratique et Populaire et dictamocratique الجريدة الرسمية... lire plus, Commentaires facebook sur l'Algérie et sur le journal officiel! Vous pouvez consulter le site du journal officiel d'Algérie الجريدة الرسمية sur Journal officiel d'Algérie Le JORA Journal officiel de la République algérienne démocratique et populaire est le moyen par lequel le gouvernement rend public l’ensemble de ses textes juridiques et réglementaires. Il contient les constitutions consécutives, les lois, les ordonnances, les codes, les décrets, les arrêtés, et les décisions de nominations. Il est publié officiellement en arabe. La version française en est la traduction. C’est donc la version arabe qui fait autorité. Au lendemain de l’indépendance nationale, l’Algérie a publié son premier journal officiel en date du six juillet mil neuf cent soixante-deux, soit vingt-quatre heures après la date officielle de l’Indépendance de l’Algérie. Son nom à l’époque était le JOEA, le Journal Officiel de l’Etat Algérien. Trois mois plus tard, le vingt-six Octobre de la même année, il change de dénomination pour devenir le JORADP, le Journal Officiel de la République Algérienne Démocratique et Populaire, plus connu sous l’acronyme de JORA. Auparavant, les textes officiels de l’Algérie sous domination française étaient publiés au Bulletin Officiel du Gouvernement Général de l’Algérie », créé en mil huit cents soixante-treize. » Baziz Algérie mon amour. La périodicité du JORA est irrégulière. Le journal officiel parait en fonction de la disponibilité de la matière. L’un des plus importants numéros de l’année est celui contenant le texte de la loi des finances de l’année à venir, ainsi que les éventuelles lois des Finances Complémentaires. Le JORA a été placé sous la responsabilité du Secrétariat Général du Gouvernement, le SGG. Ce dernier publie la version électronique sur son site ou bien rendant la publication gratuite. Seule la version imprimée reste commercialisable, presque exclusivement sur abonnement. La version française ne peut être vendue qu’accompagnée de la version dite originale ». Sur le site web du JORA, il est possible d’effectuer des recherches selon plusieurs types de critères Type de texte loi, décret, … Numéro du journal, sa date, où encore sur le texte intégral d’une collection concernant un secteur, un ministère,… Une fois la recherche terminée, il est donné au chercheur la possibilité de consulter le texte online ou encore de le télécharger au format PDF. Le site offre la possibilité de télécharger tout un ensemble de codes, tels le Code du Commerce, ou celui de la Famille, ainsi qu’un certain nombre de rapports d’activités du SGG, difficilement accessible autrement. Même si le site est utile, il rencontre encore un certain nombre de problèmes techniques. Parfois, il est tout simplement inaccessible. Son moteur de recherche manque de souplesse, et ses critères de recherche ne sont pas toujours évidents à saisir. » Algérie un documentaire exceptionel sur l'Algérie. Le JORA est la principale publication officielle de l’Etat algérien. Mais il existe d’autres journaux faisant autorité, mais que l’Etat a placé sous des tutelles moins élevées dans la hiérarchie administrative de l’Etat. Il s’agit entre autres, du BOAL, Bulletin Officiel des Annonces Légales, dans lequel sont publiées toutes les annonces officielles concernant la création et la dissolution d’entreprises, émanant des études notariales, ainsi que leurs comptes sociaux officiels. Il a été créé en mil neuf cents soixante-cinq et il est publié par le Centre National du Registre de Commerce. Un autre journal légal publié par l’Agence Nationale de l’Edition et de la Publicité est le BOMOP, Bulletin Officiel des Opérateurs Publics, dans lequel passent les appels d’offres des marchés publics, depuis 1984. pour le journal info Algerieinfo, Presse d'Algérie, Presse dz Liens Externes Page Wikipedia sur Journal officiel d'Algérie Page Wikipedia sur l'Algérie Chaine Youtube du journal Journal officiel d'Algérie Page Facebook sur l'Algérie Votre avis facebook sur le Journal officiel d'Algérie et sur l'actualité! Si vous aimez le Journal officiel d'Algérie, merci de cliquer sur J'AIME! Donnez votre avic sur le Journal officiel d'Algérie, ce journal officiel de la république algérienne, et partagez le contenu de la page avec vos amis Facebook. “Le journal info votre site de la presse algérienne, original depuis 2013!
1 L’un des journaux francophones algériens les plus lus, Liberté, a consacré un dossier spécial à ce ... 2 Le journal algérien El Moujahid, journal rangé du côté du pouvoir, soulignait par exemple à propos ... 3 La confédération des cAmûr de la région d’Ain Sefra se serait constituée progressivement entre le ... 4 Sid Ahmad Majdûb, l’ancêtre fondateur de la tribu, serait né approximativement entre 1490 et 1493 ... 5 Pour une analyse du concept de tribu, cf. Jacques Berque, Qu’est-ce qu’une tribu nord-africaine ... 1La question tribale est réapparue en Algérie depuis les révoltes survenues en Kabylie en avril 2001. Celles-ci ont mis au devant de la scène publique un nouvel interlocuteur étatique la coordination des arouch, dairas et communes – le terme arouch carûsh étant généralement employé en Algérie pour désigner les tribus sing. carsh. Suite à ces événements, de nombreux articles journalistiques sont parus au sujet de la tribu1, et depuis lors, on assiste tout au moins dans la presse à une mise en exergue et peut-être à une survalorisation du fait tribal dans ce pays2. Parmi les questions que pose ce regain d’intérêt pour la tribu, il en est une qui nous intéresse particulièrement celle concernant le démantèlement tribal. Celle-ci se pose avec acuité d’autant plus qu’il était admis jusque récemment que le régime colonial avait détruit purement et simplement les tribus en Algérie. Or, si la déstructuration tribale fut, durant la période coloniale, une mesure voulue pour les départements civils du Nord, il apparaît qu’il n’en fut pas de même pour les territoires du Sud. L’organisation en tribus y fut en effet maintenue et les clivages tribaux y furent exacerbés. Dans cet article, on tentera de revisiter les thèses du démantèlement tribal en Algérie, pour en souligner les réalités mais aussi les limites, puis on prendra le cas des mesures prises par les autorités coloniales à l’égard de deux tribus appartenant à l’annexe d’Ain Sefra les cAmûr3 et les Awlâd Sid Ahmad Majdûb4. On comprendra donc que notre propos n’est pas de faire l’histoire sociale de ces tribus5, mais de comparer les mesures prises par les autorités coloniales à l’égard de la question tribale selon qu’il s’agit des départements civils du Nord ou des territoires du Sud. À propos du démantèlement tribal en Algérie thèses et nuances 2Le démantèlement de l’ordre tribal, qui s’effectue en Algérie entre 1830 et la Première Guerre mondiale environ, est une réalité qu’on ne peut nier mais qu’on se doit de nuancer. Celui-ci s’est effectué de plusieurs manières par destruction physique, par dépossession foncière, en discréditant les structures d’autorité traditionnelles et en imposant de nouvelles normes culturelles aux populations autochtones. Destructions physiques 6 En parlant de système, j’ai à l’esprit l’ensemble des relations liant les tribus entre elles, qu’i ... 7 Smaïl Aouli, Ramdane Redjala et Philippe Zoummeroff, Abd el-Kader, Paris, Fayard, 1994. 3En dépit des conflits internes notamment ceux entre tribus makhzen et tribus raya ou siba, ou simplement entre tribus proches, le monde tribal de l’Algérie ottomane avait une certaine cohérence et pouvait être vu comme un système assez complexe et fonctionnel6. Cet ordre tribal fut bouleversé par les transformations induites par le régime colonial et en premier lieu par son avant-bras l’armée. Celle-ci prit les premières mesures d’une politique qui, à moyen terme, devait inéluctablement déstabiliser l’organisation antérieure. Elle le fit en combattant les tribus hostiles à la présence française en Algérie, mais elle le fit aussi en permettant et/ou en suscitant l’accentuation des divisions et des conflits inter et intra-tribaux. Par exemple, la résistance menée par l’émir Abd el-Kader, à la tête des tribus Hasham, Bani cAmr et Gharaba, fut anéantie en moins de quinze ans, de 1832 à 1847, du fait d’affrontements directs avec l’armée française, mais aussi en raison des conflits entre tribus – notamment ceux opposant l’armée constituée par l’émir Abd el-Kader et les tribus makhzen makhzan des Dûayr et des Zmala7. 8 Radouane Ainad Tabet, Histoire d’Algérie, Sidi Bel Abbés de la colonisation à la guerre de libér ... 9 Ibid., p. 53-63. 10 Ibid., p. 61. 4Dans l’Ouest algérien, les tribus qui opposèrent une résistance furent par ailleurs prises en tenaille entre l’armée française et celle du sultan du Maroc, le sultan Abd Al Rahman. Ainsi, le sultanat du Maroc participa au démantèlement tribal en taillant en pièces » les Bani cAmr8. L’historien Redouane Ainad Tabet9 dresse, en effet, un tableau du devenir pathétique de cette grande tribu. Auparavant si puissante dans l’Ouest algérien plus précisément dans la région de Sidi Bel Abbés, cette tribu devait subir de plein fouet les répercussions de son engagement aux côtés de l’émir Abd el-Kader. Celles-ci sont si effroyables que, pour reprendre les propos de l’auteur, au lendemain de la reddition de l’émir, en 1847, La “verte tribu” n’est plus que l’ombre d’elle même10. » D’autres actes de résistance, les soulèvements des Awlâd Sidi Shaykh à partir de 1863, la révolte d’El Mokrani 1871 notamment, furent mis en échec par l’armée française. On comprendra, dans ces conditions, les répercussions des pertes humaines résultant de ces batailles sur les différentes tribus certaines disparurent, d’autres furent complètement déstabilisées. Ces défaites n’aidaient en rien la cohésion tribale parce qu’elles avaient pour conséquence de diminuer l’autorité des personnes et familles leaders. La tribu comme groupe politique subissait de la sorte un fâcheux contrecoup. 5Toutefois, jusqu’à un certain point, les guerres ne furent pas les causes décisives du démantèlement tribal. Elles modifièrent les rapports de forces entre tribus, en affaiblissant certaines et en renforçant d’autres, mais ne changèrent pas pour l’essentiel l’organisation tribale car elles ne lui substituèrent aucune autre organisation sociale. En fait, les changements survenus dans le domaine de la propriété foncière – sénatus-consulte de 1863, loi Warnier de 1873 visant la liquidation de la propriété communautaire des tribus et le processus de dépossession foncière – eurent beaucoup plus d’impacts que les guerres. Sénatus-consulte et dépossession foncière 6Les lois foncières furent en effet autrement efficaces. Il est intéressant de lire à ce propos le témoignage du capitaine Vayssière. En tournée chez les Namamsha, tribu de l’Est algérien, pour évaluer les conséquences du sénatus-consulte, il rapporte le fait suivant Les cheikhs et les kebars sont tous venus me trouver, commentant et déplorant la nouvelle. La consternation peinte sur leurs visages, plusieurs versaient des larmes. Ils m’ont dit “Les Français nous ont battus, ils ont tué nos jeunes hommes et nous ont imposé des contributions de guerre. Tout cela n’était rien, on guérit de ses blessures. Mais la constitution de la propriété individuelle et l’autorisation donnée à chacun de vendre ses terres qui lui seraient échues en partage, c’est l’arrêt de mort de la tribu.” » 7Il conclut ainsi 11 Repris du journal algérien Liberté du 6 août 2001, dossier spécial sur la tribu en Algérie. Le sénatus-consulte de 1863 est, en effet, la machine de guerre la plus efficace qu’on ait pu imaginer contre l’état social indigène et l’instrument le plus puissant et le plus fécond qui ait pu être mis aux mains de nos colons. Grâce à lui, nos idées et nos mœurs s’infiltreront peu à peu dans les mœurs indigènes, réfractaires à notre civilisation, et l’immense domaine algérien, à peu près fermé jusqu’ici, en dépit des saisies domaniales, s’ouvrira devant nos pionniers11. » 12 Jean-Claude Vatin, L’Algérie politique, Histoire et Société, Paris, Presses de la Fondation nation ... 8À partir du sénatus-consulte de 1863, un ensemble de lois fut en effet mis en place en Algérie pour favoriser la propriété individuelle, principalement au profit des colons et des grandes sociétés capitalistes. Jean-Claude Vatin12 remarque, en reprenant le bilan dressé par Charles Robert Ageron qu’ entre 1871 et 1919 près d’un million d’hectares 897 000 ont été livrés aux colons. […] Les musulmans avaient perdu, en 1919, 7 millions et demi d’hectares, que l’État et les particuliers, les grandes sociétés capitalistes, s’étaient partagés. » 13 Karl Marx, Le système foncier en Algérie », dans Sur les sociétés précapitalistes extraits du c ... 14 Karl Marx dit à ce propos que l’institution de la propriété foncière était aux yeux du bourgeoi ... 15 Augustin Berque, Écrits sur l’Algérie, Aix-en-Provence, Édisud, 1986, p. 28. 9Karl Marx avait analysé vers 1879 le processus de dépossession foncière mis en œuvre en Algérie. Il considérait à ce propos que les terres des plateaux nord-africains étaient auparavant la possession indivise des tribus nomades qui les parcouraient, que la propriété tribale y était transmise de génération en génération et qu’elle ne se modifia qu’à la suite des changements suivants 1. fractionnement graduel de la tribu en plusieurs branches ; 2. inclusion de membres appartenant à des tribus étrangères13 ». Il montre ensuite comment, particulièrement à partir de la loi Warnier, la spoliation des terres tribales s’effectue, avec notamment la confiscation et la mise en vente des terres des tribus suspectées de rébellion. Ces lois avaient un double objectif instituer la propriété privée14, mais aussi détruire les pouvoirs des tribus. Augustin Berque, dans un article datant de 1919, dira du sénatus-consulte de 1863 qu’il visait comme but politique l’amoindrissement des grandes familles indigènes et la dislocation de la tribu15 ». 16 Lahouari Addi, De l’Algérie précoloniale à l’Algérie coloniale, Alger, OPU, 1985, p. 21-22. 17 D. Daumas, Les populations indigènes et la terre collective de tribu en Tunisie, Tunis, 1912. 18 Henry de Montéty, Une loi agraire en Tunisie, Cahors, 1927, p. 30. 10La question du statut des terres que parcouraient les tribus nomades a fait l’objet de diverses analyses. Karl Marx estimait qu’elles étaient les possessions indivises des tribus nomades qui les parcouraient. Lahouari Addi avance quant à lui que, bien que la terre de la tribu soit un terrain collectif, la propriété privée des biens et des terres a existé de manière prédominante dans les montagnes où les terres communales étaient réduites et, dans les plaines, où les troupeaux étaient possédés privativement16. Certaines études menées à propos du système foncier tribal en Tunisie, avant le régime du Protectorat, attestent que les terres collectives » appartenaient bien souvent aux tribus sous la forme de propriétés indivises. Certaines d’entre elles possédaient même des titres de propriétés17. Celles-ci avaient donc bien des propriétaires reconnus mais elles étaient juridiquement impartageables et elles furent à tort considérées comme des terres de jouissance collective appartenant à l’État18. On peut considérer que ces conclusions sont applicables au système foncier des tribus d’Algérie qui, par ailleurs, subissait, comme en Tunisie, l’influence de la régence ottomane. 19 Sur ce point cf. notamment la partie Le marché autorégulateur et les marchandises fictives tra ... 11Outre ce fait, l’assignation d’un caractère marchand de la terre semblait poser des problèmes bien plus cruciaux aux membres des tribus. C’est en effet la constitution de la propriété individuelle et l’autorisation donnée à chacun de vendre ses terres » qui effraient réellement les cheikhs et les kebars » et non pas tant le fait qu’elles soient partagées. En fait, et il me semble qu’il s’agit là d’une des particularités du statut de la terre en milieu tribal celle-ci n’a pas de caractère marchand. Bien qu’elle ait des propriétaires reconnus, du fait notamment du droit de propriété lié à l’usage – on sait que telle terre appartient à telle tribu, à tel segment et en fin de compte à telle famille notamment parce qu’il ou elle en fait usage – , elle ne peut toutefois être vendue ou achetée. C’est d’ailleurs une invention du capitalisme que de poser la terre comme une catégorie marchande19. Les shaykh et les kbar le savaient mais ne purent cependant peser sur le cours de la politique coloniale et le processus de dépossession foncière. 20 Pour un point de vue rapide du phénomène de dislocation du nomadisme, lire M’Hamed Boukhobza, L’ag ... 12La politique de dépossession foncière eut par ailleurs un impact sans précédent sur l’activité économique traditionnellement et peut-être trop schématiquement liée au monde tribal le nomadisme pastoral. Dans un ouvrage au sous-titre évocateur De l’ordre tribal au désordre colonial, M’Hamed Boukhobza nous montre en effet comment le nomadisme activité économique et genre de vie et avec lui le mode de vie tribal traditionnel » furent complètement altérés par les mesures coloniales et notamment par la politique de dépossession foncière20. Selon cet auteur, les personnes vivant sous la tente à la veille de la colonisation représentaient près des deux tiers de la population totale 67%, alors qu’elles ne représentaient plus, dans les années soixante/soixante-dix, qu’environ 500 000 personnes sur une population totale de près de 20 millionsd’âmes, soit 2,5%. En même temps que s’effectue la dépossession foncière, c’est toute l’économie tribale qui semble péricliter. Ainsi, les tribus qui auparavant vivaient des produits de l’agro-pastoralisme, et plus particulièrement du pastoralisme, se voient dans l’incapacité de reproduire les bases matérielles de leur propre existence. M’Hamed Boukhobza montre aussi comment les pratiques de l’cachaba mouvement d’estivage sud-nord et de l’cazaba mouvement d’hivernage nord-sud, véritables socles de l’économie nomade et tribale, ne peuvent plus se perpétuer du fait des mesures prises par le gouvernement colonial. 21 Jacques Berque, Le Maghreb entre deux guerres, Paris, Seuil, 1962, p. 121-136. 13Vingt ans plus tôt, Jacques Berque remarquait aussi que la disparition de la tribu résultait des politiques empêchant la reproduction de leur système économique. Même lorsque certaines tribus n’étaient pas atteintes directement, elles en subissaient inéluctablement les contrecoups en raison de la nature extensive et complexe de leur activité économique21. Ce sont en définitive toutes les conditions matérielles d’existence des tribus qui tendaient à disparaître. Face à la paupérisation qu’entraînent ces réformes, de nombreux individus se voient contraints de quitter leur tente, leur village et surtout leur tribu pour trouver du travail en ville. Ce faisant, génération après génération, la tribu devient un lointain souvenir. Discrédit des instances d’autorité traditionnelles et affrontements culturels 22 Augustin Berque, Écrits sur l’Algérie, Aix-en-Provence, Édisud, 1986. 14Dans ce processus de démantèlement des tribus, quelle a été la politique de déstructuration des instances d’autorité tribale ? L’idéologie coloniale faite au nom du progrès » tendait en effet à remettre en cause les pratiques dites traditionalistes » des populations autochtones. Augustin Berque22 explique à ce propos comment les structures traditionnelles de l’autorité tribale furent de plus en plus discréditées du fait des mesures prises par le gouvernement colonial. En même temps qu’il opérait la dislocation de la propriété tribale, le gouvernement colonial tendait à transformer les tribus, selon le principe de diviser pour mieux régner », de manière à les rendre moins efficientes. Il énumère en outre les différentes mesures réduisant l’influence des chefs et détruisant les anciennes structures d’autorités. Par exemple, l’autorité coloniale bureaux arabes puis gouvernement civil discrédita l’organisation tribale en réorganisant les tribus et en désignant de nouveaux chefs qui n’avaient pas forcément d’autorité suffisante et qui même parfois étaient complètement étrangers à la tribu. Elle le fit aussi en limitant leurs droits à percevoir les taxes que les chefs tribaux récoltaient auparavant, ainsi qu’en restreignant leurs pouvoirs respectifs. En outre, avec l’extension du territoire civil, les chefs de tribus devenaient peu à peu de simples agents administratifs. En discréditant les structures d’autorité tribale et en refaçonnant selon son bon vouloir les différentes tribus, le régime colonial détruisait les fondements de l’ordre et de la cohésion propre aux différentes tribus. Cela fonctionna tellement bien, qu’à la fin du xixe siècle, les tribus djûad tribus aristocratiques et guerrières avaient complètement disparu. Cette situation donna, pendant un certain temps, plus de poids aux fractions maraboutiques, avant que celles-ci ne fussent à leur tour affaiblies. 23 Yvonne Turin, Affrontements culturels dans l’Algérie coloniale écoles, médecines, religion, 1830 ... 15Pendant près d’un siècle, et particulièrement depuis la mise en place du gouvernement civil, s’est effectué un vrai travail de fond tendant à transformer la société algérienne. Ces affrontements culturels », pour reprendre l’intitulé de l’ouvrage d’Yvonne Turin23, étaient dictés par des objectifs idéologiques et politiques d’un côté le gouvernement essayant d’imposer de nouvelles valeurs pour asseoir son autorité, de l’autre les structures locales tentant de préserver un minimum d’autonomie vis-à-vis du gouvernement colonial. L’objectif de ces affrontements était de soustraire l’indigène » à sa tribu et, par la suite, de l’insérer dans cette nouvelle société faite au nom du progrès. Les politiques menées dépossession foncière, discrédit des structures traditionnelles et affrontements culturels ont globalement réussi dans la mesure où l’organisation tribale semble de nos jours avoir disparu en Algérie, alors que pendant des siècles elle était la base de la société. Les grandes tribus du Nord et du Tell ont disparu. Les Bani cAmr, les Hasham, les Dûayr et autres grandes tribus n’existent plus. Ce qu’il en reste maintenant, c’est un lointain souvenir. Il ne faut pas penser pour autant que l’histoire soit univoque et en y regardant de plus près les thèses présentées doivent être nuancées. Les limites des thèses de la déstructuration tribale 16La dépossession foncière s’est certes principalement effectuée au Nord et dans le Tell, mais dans les territoires du Sud, sous administration militaire, les tribus arabophones ou berbérophones ont été assez préservées de ces transformations. Ainsi, dans sa Monographie du Territoire d’Ain Sefra, le capitaine Mesnier, chef du bureau de comptabilité des oasis sahariennes, affirme que 24 Capitaine Mesnier, Monographie du territoire d’Ain Sefra, Oran, Imprimerie L. Fouque, 1914 biblio ... Le sénatus-consulte […] n’a été appliqué qu’exceptionnellement en territoire militaire […] La propriété individuelle n’a pas été constituée en territoire militaire car le sol propre au pâturage seulement ne comporte qu’une jouissance collective ; s’il était partagé entre les indigènes, il s’élèverait constamment entre eux des contestations24. » 25 Lahouari Addi, De l’Algérie…, p. 57. 17En effet, la dépossession foncière n’a pas ou presque pas eu lieu dans les territoires du Sud, du fait notamment de l’aridité de la terre, et bien qu’en 1926, une loi ait abrogé la distinction entre territoire du Sud et territoire du Nord dans le régime de la propriété foncière25, celle-ci ne concerna en pratique que les territoires à vocation agricole notamment les jardins des oasis et non pas les zones à vocation pastorale. 26 C’est le cas des approches de Jacques Berque, M’Hamed Boukhobza, Lahouari Addi et Ali Merad Boudia ... 27 Maurice Godelier, L’idéel et le matériel, Paris, Fayard, 1984. 28 Augustin Bernard et Napoléon Lacroix, L’évolution du nomadisme en Algérie, Alger, Adolphe Jourdan, ... 18Par ailleurs, la désorganisation du système économique qu’est le pastoralisme est souvent analysée comme s’il s’agissait de la déstructuration des organisations tribales26. Or, d’une part, il me semble que la tribu ne se réduit pas à un système économique bien que celui-ci soit important. Analyser la tribu du seul point de vue de son système économique, c’est en effet oublier la part de l’idéel, et c’est tomber dans une lecture sommaire de Karl Marx que penser l’organisation sociale découlant stricto sensu de l’infrastructure27. Actuellement, dans le Hautes Plaines et au Sahara, les clivages tribaux se retrouvent en milieu urbain et les solidarités tribales ne suivent plus forcément les spécialisations professionnelles. La tribu comme mode d’organisation sociale n’est pas strictement le corrélat d’un mode de production ou d’un système économique spécifique. D’autre part, la capacité d’adaptation du pastoralisme, dans les Hautes Plaines notamment, a été sous estimée ou du moins a-t-on pensé que celui-ci ne pouvait que décliner. C’est oublier que, durant la période coloniale, il existait, tout au moins dans les rapports portant sur le nomadisme et la colonisation, une volonté de laisser les steppes des Hautes Plaines aux pasteurs et de favoriser l’agriculture seulement dans le Tell28. Par ailleurs, les stratégies pastorales se sont adaptées aux diverses conjonctures et se sont transformées en raison des nouvelles techniques et moyens mis à disposition des éleveurs. Par exemple, l’introduction en masse, à partir des années soixante-dix, de véhicules de transports de cheptel les fameux GAK notamment a modifié les pratiques des éleveurs sans pour autant mettre fin au pastoralisme, ni aux liens de solidarité tribale. Bien au contraire, ceux-ci sont souvent utilisés dans le cadre de ces nouvelles pratiques. 19L’association tribu/pastoralisme/nomadisme présuppose, en outre, une conception évolutionniste de la tribu, considérée comme relevant d’un stade particulier de l’évolution humaine, intermédiaire entre la bande stade du paléolithique et la société étatique sédentaire. Selon cette vision, la tribu correspondrait au stade du néolithique et plus largement aux sociétés qui ont une économie essentiellement agricole et pastorale. Cette conception est évidemment fallacieuse car elle ne rend pas compte de la persistance actuelle de liens tribaux, à travers le monde, et dans des sociétés qui ne sont ni nomades ni pastorales. 20En fait, si cette volonté de briser la cohésion tribale fut vraie au Nord, notamment compte tenu de la politique de dépossession foncière, elle ne fut pas généralisée à toute l’Algérie. Dans certains endroits des Hautes Plaines et du Sahara, les tribus et les divisions tribales ont été maintenues, voire exacerbées de manière à permettre à l’administration militaire de mieux contrôler la population locale. C’est le cas pour le Haut Sud-Ouest, mais aussi pour les régions du Sahara, tel le Tidikelt. Louis Voinot, capitaine de l’armée française, nous explique en effet les mesures prises, suite à la Conquête des Oasis » ayant eu lieu au début du xxe siècle, pour établir l’ordre dans cette région. Il est fort explicite à ce propos 29 Louis Voinot, Le Tidikelt étude sur la géographie, l’histoire, les mœurs du Pays, Éditions J. Ga ... Au bout de quelques temps, il faut songer à organiser le Tidikelt pour établir l’ordre à la place de l’anarchie d’antan. Les gens de même origine sont groupés autant que possible en des commandements distincts. Cette répartition est délicate car on doit éviter de mettre en contact des intérêts opposés, ce qui réveillerait les anciennes haines ; les kebars [représentants des tribus] sont choisis parmi les familles influentes29. » 21Cette politique eut des répercussions telles qu’aujourd’hui encore on constate de grands clivages dans la répartition spatiale des tribus du Tidikelt. 30 Robert Capot-Rey indique que le nombre des Européens vivant au Sahara a toujours été faible. Dan ... 31 Fanny Colonna et Henri Tawfik, Au Gourara, une pré-enquête », dans Fanny Colonna, Savants Paysan ... 22La thèse de l’affrontement culturel doit par ailleurs être nuancée en ce qui concerne les tribus évoluant dans les territoires des Hautes Plaines et du Sahara algérien. Les civils français y étaient peu nombreux et de ce fait l’imposition des valeurs et des institutions émanant de l’idéologie coloniale ne s’est pas effectuée avec la même ampleur au Sud que dans le Nord30. Compte tenu des politiques différenciées entre le Nord et le Sud, les populations du Sud ont pu, plus que celles du Nord, s’opposer au phénomène d’acculturation et ainsi refuser certaines valeurs émanant de la France. Un travail effectué dans le courant des années soixante-dix par Fanny Colonna et Henri Tawfik31 a montré quels étaient les comportements, vis-à-vis de l’éducation et de la médecine, des populations des zones rurales du Gourara région saharienne. Ce qui est intéressant pour notre propos, ce sont les deux faits suivants d’une part, cette enquête montre la persistance des valeurs traditionnelles » – plus exactement s’inspirant des coutumes locales – qui nous semblent inséparables d’une organisation sociale du même type ; d’autre part, elle insiste sur l’importance actuelle des lignages mrabtin lignages descendant de saints. 32 C’est notamment le parti que prend Nico Kielstra dans son étude des mutations de l’organisation tr ... 23En somme, l’analyse de la déstructuration tribale repose sur trois axiomes discutables et qui ne peuvent rendre compte de la pluralité des situations concernant le fait tribal en Algérie. La première remarque que l’on fera est toute simple la dépossession foncière si fatale aux tribus du Tell, du Nord, n’a pas été appliqué aux tribus du Sud étant donné l’aridité de la terre et le fait que les territoires du Sud étaient en grande partie sous administration militaire. La deuxième remarque est que le nomadisme pastoral est bien souvent considéré comme la condition sine qua non de l’existence tribale. Bien entendu, il s’agit là d’un stéréotype qui associe la tribu à un mode d’organisation économique et de fait à un stade d’évolution particulier. Ce stéréotype est d’autant plus fâcheux qu’il empêche de rendre compte de la complexité et de la diversité des liens sociaux à l’intérieur des tribus et entre les tribus. Enfin, penser que le discrédit des autorités tribales puisse être une mesure majeure dans le processus de démantèlement tribal présuppose l’idée que les chefs et plus largement les chefferies sont des éléments primordiaux des organisations tribales32. Cet axiome est largement réfutable. Enfin, il faut ajouter que le régime administratif dans les territoires du Sud était bien différent de celui des départements civils du Nord. Organisation des territoires du Sud 33 Les subdivisions des territoires du Sud devinrent néanmoins des départements quelques années plus ... 34 Camille Sabatier, La question du Sud-Ouest, Alger, Éditions Adolphe Jourdan, 1881, p. 67-68. 24Contrairement aux départements civils du Nord, les territoires du Sud qui succédaient aux territoires de commandement demeuraient, du moins jusqu’en 194733, sous administration militaire. Les rapports de l’État colonial avec les tribus n’étaient donc pas les mêmes en Algérie, selon qu’il s’agissait des territoires du Sud ou de ceux du Nord. Dans les territoires du Sud, en dehors des éléments en rébellion, les autorités françaises ne furent pas opposées aux systèmes tribaux, bien au contraire. Elles se souciaient plus des confréries et lignages religieux qui du fait de leur aura et de leurs réseaux auraient pu organiser une résistance plus efficace à l’occupation34. Les zawiyas et confréries sahariennes ont de fait souvent été la hantise des autorités coloniales qui essayèrent de les supprimer ou tout au moins les contrôler, alors que la dislocation de la tribu ne fut pas une politique voulue pour les territoires du Sud. Les territoires du Sud étaient par ailleurs soumis à une organisation et une législation bien distincte de celles des départements civils du Nord. 35 Note du 3 avril 1922 Archives affaires indigènes militaires, repris de René-Victor Vâlet, Le Sah ... Entre l’Algérie du Nord dont l’organisation est coulée dans le moule français et les protectorats voisins de Tunisie et du Maroc où l’administration française se double d’une administration indigène, les Territoires du Sud présentent une troisième forme qui leur est propre. Leurs bureaux d’affaires indigènes, composés d’un personnel militaire spécialisé et hiérarchisé dans ses fonctions, occupent une place intermédiaire entre le régime d’administration directe à la mode métropolitaine et le régime de contrôle qui caractérise les protectorats ; ils ne s’affranchissent pas du cadre social indigène, usent d’avantage de l’autorité traditionnelle du chef de tribu, et de la sorte, permettent à des populations à mentalité féodale d’évoluer sans heurt au contact de la civilisation moderne35. » 36 Ibid., p. 84. 37 Ibid., p. 86. 38 Ibid., p. 98-99. 39 Ibid., p. 131-132. 40 Ibid., p. 182 et suiv. 41 Il s’agit du recours d’un indigène s’estimant lésé à un officier qu’il considère comme son chef. C ... 42 Ibid., p. 211-212. 43 Jacques Frémeaux, Pertinence… », p. 261-262. 25Le rôle des militaires y était beaucoup plus important que dans le Nord et le statut des indigènes bien distinct également. Les maires des communes mixtes étaient les commandants des cercles ou les chefs des annexes36. Les commissions municipales se composaient de membres français élus et de membres indigènes nommés. Le décret du 6 février 1919 n’était pas applicable aux territoires du Sud et les indigènes musulmans ne pouvaient être électeurs, ni éligibles, contrairement à ce qui se faisait dans le Nord37. Cette situation semble s’être perpétuée au moins jusqu’en 1947. La tribu avait une existence juridique. Elle constituait une section de commune. Les membres des assemblées tribales, des djemaa – jamaca appelés kbars, les grands étaient nommés pour une période de trois ans par les commandants des cercles ou les chefs des annexes, puis par le gouverneur sur avis des commandants et des chefs. Ces procédés, toujours en vigueur dans les territoires du Sud, n’étaient plus appliqués au Nord depuis le décret du 6 février 1919. Les djemaa étaient par ailleurs présidés de droit par les caïds des tribus, nommés par les autorités, et administraient essentiellement les biens des douars et les terres collectives38. Le système d’imposition était aussi différent. Alors que les impôts arabes avaient été supprimés dans le Nord par le décret du 1er décembre 1918, ils demeuraient encore appliqués dans les territoires du Sud où ils constituaient la source la plus considérable du budget39. Le système judiciaire, et en particulier la justice répressive, étaient aussi distincts dans les territoires du Sud. Les commandants militaires et le gouverneur d’Algérie avaient en effet des pouvoirs plus importants que dans les départements civils40. Le système de la chekaïa demeurait encore appliqué41, augmentant ainsi le pouvoir des commandants de cercle ou des chefs d’annexe qui, bien qu’arbitres, pouvaient toutefois user de leurs pouvoirs disciplinaires42. Le système des bureaux arabes appliqué pour le Nord dans les premiers temps de la conquête, puis abandonné pour une organisation civile, était de fait appliqué pour les territoires du Sud. Cette organisation supposait la préservation du cadre social indigène, et donc tribal, et la nomination, l’appui et l’instrumentalisation de l’autorité traditionnelle des chefs de tribus. De fait, comme le remarque Jacques Frémeaux43, les territoires militaires du Sud apparaissaient dans les années trente comme le conservatoire des populations bédouines, partiellement administrées par les derniers bureaux arabes. 44 Colette Establet se posait ainsi la question de la réification tribale Faut-il se fier à la ré ... 26On voit donc bien que la thèse du démantèlement tribal durant la période coloniale doit être nuancée. Ce qui est vrai pour les ex-départements civils du Nord doit être revisité à l’aune de l’histoire des territoires du Sud algérien, laquelle reste largement à écrire. L’analyse des mesures prises par les autorités coloniales dans ces régions contribuerait à expliquer en partie pourquoi les identités tribales y sont encore assez vivaces, comme on le montrera à partir du traitement de la question tribale dans le Haut Sud-Ouest algérien. En effet, les tribus du Haut Sud-Ouest, et probablement de l’ensemble des territoires du Sud, ont été préservées de toute destruction volontaire, mais elles ont été en même temps remaniées pour diverses raisons, notamment administratives. Plus encore, on remarquera par la suite que les tribus des cAmûr et des Awlâd Sid Ahmad Majdûb ont été réifiées par les mesures prises durant la période coloniale44. Dire cela ne nous permet pas de conclure à la mort de la tribu, mais simplement que la tribu dans le Haut Sud-Ouest est une réalité sociale largement redéfinie par l’État colonial. Ces tribus remaniées n’avaient certes plus la même dimension ni la même modalité d’organisation qu’avant la colonisation. Mais ces tribus, juste avant la colonisation, n’étaient pas non plus celles du xvie, xviie ou xviiie siècle, de sorte qu’il est exagéré d’avancer que les modifications amenées par l’entreprise coloniale auraient été fatales aux tribus. Plus que de détruire les tribus, les autorités des territoires du Sud se sont évertuées à les préserver tout en les contrôlant par le biais des caïds et des bachagas. Les tribus du Haut Sud-Ouest avant la création du cercle d’Ain Sefra Les cAmûr 27À la veille de la colonisation, les cAmûr, ainsi que les Awlâd Sid Ahmad Majdûb vivaient essentiellement sous la tente. Certaines familles disposaient de jardins et de palmiers dans les ksour qsûr de la région, en particulier celui d’Asla pour les Awlâd Sid Ahmad Majdûb, et ceux de Sfissifa, Tiout, Moghrar, Ich et Figuig pour les cAmûr les deux derniers ksour se trouvent sur l’actuel territoire marocain. 28Contrairement aux Awlâd Sid Ahmad Majdûb, l’évolution de la confédération des cAmûr fut en partie liée à la question de leur statut et des tumultes liés au tracé de la frontière algéro-marocaine au sud du Taniet Sassi. Devaient-ils être en effet des sujets de la France ou de la monarchie marocaine ? Cette question ne fut résolue que tardivement. Le traité de 1845 définissait le partage des territoires français et marocains au nord du Taniet Sassi, mais omettait de définir clairement le statut des territoires au Sud de ce point. C’est en profitant de cette imprécision que la France établira sa politique de conquête des territoires du Sud. En 1847, une colonne française, sous la conduite du général Cavaignac, prit ainsi possession des ksour déclarés français. 45 N. Lacroix et H. M. P. de La Martinière, Documents pour servir à l’étude du Nord Ouest africain, t ... 46 D’après les notes sur la tribu des Amour du commandant Colonieu, datées de 1859, dans un document ... 29Le principe des ksour relevant des autorités françaises étant acquis, celles-ci se trouvaient confrontées à la question du statut des cAmûr qui nomadisaient dans la région des monts des Ksour. Le traité de 1845 ne stipulait rien de précis à ce propos. En 1855, la majorité des tribus composant les cAmûr avait fait acte de soumission à la France et les autorités françaises leur donnèrent une organisation régulière en trois caïdats45. Ceux-ci comptaient en 1859 environ 520 tentes voir tableau 146. Tableau 1. Nombre de tentes des cAmûr en 1859. Les Awlâd Sid Ahmad Majdûb 47 Les Awlâd Sidi Shaykh étaient divisés en deux ligues opposées çoffs ou leffs les Awlâd Sidi Sh ... 30Au mois d’avril 1847, lorsque les Awlâd Sidi Shaykh firent leur soumission à la France, les Awlâd Sid Ahmad Majdûb passèrent en entier sous les ordres de Si Hamza, qui dirigeait à cette époque la tribu des Awlâd Sidi Shaykh. Jusqu’en 1848, ils paient leurs impôts avec la branche aînée, campent avec elle et, avec elle aussi, s’approvisionnent dans le Tell. En 1849, les Awlâd Sid Ahmad Majdûb abandonnèrent Si Hamza chef des Awlâd Sidi Shaykh Charraga et se rallièrent à Sidi Shaykh Ban Tayab chef des Awlâd Sidi Shaykh Gharaba47 qui refusait l’occupation française. 48 Territoire sous gestion d’un bachaga. 31En 1863, le soulèvement des Awlâd Sidi Shaykh provoque l’arrêt de l’expansion militaire française dans le Sud oranais. Les Awlâd Sid Ahmad Majdûb, ayant participé aux soulèvements des Awlâd Sidi Shaykh et après avoir obtenu le pardon l’aman, furent placés dans le cercle de Sebdou, où ils restèrent jusqu’en 1878. Ils furent détachés du cercle de Sebdou parce qu’ils avaient leurs intérêts du côté d’Asla, de Chellala et de Bousemghoun, et par décision du 4 novembre 1878, ils furent rattachés au cercle de Geryville actuel El Bayadh. Les Awlâd Sid Ahmad Majdûb formèrent alors un caïdat indépendant et bien que de même origine que les Awlâd Sidi Shaykh, ils restèrent en dehors du bachagalik48 de ces derniers. La tribu comprenait à cette époque six douars, selon les autorités coloniales. 49 Ross E. Dunn, Resistance in the Desert, Moroccan Responses to French Imperialism 1881-1912, New Yo ... 50 Comme nous l’avons indiqué plus haut, le soulèvement des Awlâd Sidi Shaykh provoque l’arrêt de l ... 32En 1881, de nombreux Awlâd Sid Ahmad Majdûb et cAmûr participèrent à l’insurrection menée par Sidi Abû cAmama, marabout originaire des Awlâd Sidi Tadj. Celle-ci s’inscrit dans la continuité des actes de rébellion menés par les Awlâd Sidi Shaykh. Ces insurrections résultèrent en grande partie de la situation liée à la crise foncière en particulier à propos des terrains de parcours générée par la politique de dépossession des terres tribales. Les tribus des plaines du Nord, disloquées et privées de leurs terres, furent en effet forcées de migrer vers les terres des autres tribus, plus au Sud, provoquant ainsi une grave crise qui suscita ces actes continus de rébellion49. En 1881, suite à l’insurrection menée par Sidi Abû cAmama, les autorités françaises décidèrent d’occuper Ain Sefra et d’y créer un poste militaire50. La création du cercle d’Ain Sefra 51 Anonymes et Schmidt, Histoire du cercle d’Ain Sefra », document remis par le père Communardi d’A ... 33Le 20 mars 1882, date de la création par arrêté gouvernemental du cercle d’Ain Sefra, les cAmûr se voient appliquer une nouvelle organisation. Les événements insurrectionnels de 1881 avaient poussé les autorités françaises à occuper d’une façon permanente la région des ksour et, par la suite, elles donnèrent à cette confédération une organisation régulière en trois tribus Awlâd Salim, Awlâd Bûbkar et Swala. Celle-ci fut modifiée une première fois en 1885, un an après le départ des Lamdabih au Maroc. Les Awlâd Bûbkar furent partagés en deux caïdats Awlâd cAbdallah et Awlâd Gtayb. Puis en 1889, on procéda à la réorganisation des tribus des Awlâd Salim fractions des Mrinat et des Awlâd Shahmi et des Swala fractions des Awlâd cAmr et des Awlâd Sliman. En 1898, on organisa les cAmûr en quatre caïdats Awlâd Bûbkar, Swala, Awlâd Shahmi et Mrinat. Les Shwarâb formèrent une fraction rattachée pour le commandement à la tribu de Moghrar Fougani, laquelle comprenait en fait les habitants du ksar qsar de Moghrar Fougani et les éléments restants de la tribu des Awlâd Sidi Tadj une grande partie s’était enfuie au Maroc51. 52 Documents microfilmés des archives d’Outre-Mer, référence 66miom/108/2. 34Malgré l’occupation d’Ain Sefra et la création du cercle portant le même nom, la question du statut des cAmûr demeure non réglée. Fin mars 1887, le gouvernement chérifien demande aux autorités françaises qu’elles facilitent le retour au Maroc d’un millier de tentes des cAmûr », installées dans la subdivision de Mascara division militaire à laquelle est attachée le Haut Sud-Ouest52. Dans une correspondance adressée au général commandant la subdivision de Mascara datée du 1er avril 1887, le lieutenant-colonel Marmet, commandant supérieur du cercle d’Ain Sefra, indique que 53 Correspondance n° 177, du 11 avril 1887, documents microfilmés des archives d’Outre-Mer, référence ... Les tribus des Amour du cercle d’Ain Sefra ne comprennent en totalité que 683 tentes. Par suite, mille chefs de tente n’ont donc pu demander à aller se fixer au Maroc. J’ajoute même que pas un seul chef de tente n’a fait une semblable demande. [Se référant aux analyses du commandant Rinn concernant le statut des cAmur, il avança qu’il existe] des Amour algérien, de même qu’il y a des Amour marocains. Ces derniers […] sont les Medabiah environ 70 tentes qui sont toujours campés avec les Beni Guill. […] il y a une petite fraction marocaine des Oulad Abdallah une quarantaines de tentes53. » 54 Ibid. 55 Correspondance n°4419, du 7 août 1888, du gouverneur général de l’Algérie à Monsieur le général co ... 35Ce dilemme concernant le statut des cAmur poussera certains d’entre eux à trouver refuge dans le massif frontalier de Beni Smir. En 1888, il est question d’exécuter un coup de main » dans cette région pour punir et ramener les tentes des cAmur refusant l’autorité française. Ce coup de main » est arrêté en raison des problèmes qu’il aurait pu occasionner avec le Maroc. À la même époque un dignitaire marocain, cÛmar Sûsi, arrive à Figuig et essaie de regagner les cAmur en tant que sujets marocains54. Ces derniersse trouvent donc pris entre la France et le Maroc qui les revendiquent en tant que sujets. Le 7 août 1888, le gouverneur général d’Algérie, suite à la décision du conseil du gouvernement, stipulera que les cAmur du cercle d’Ain Sefra devront être traités comme des sujets algériens55. 56 Une partie importante du cheptel périra lors de ce déplacement qui dura plusieurs mois. Sur cette ... 36Refusant l’occupation française, de nombreuses tentes s’enfuirent encore au Maroc. Pour contrer ce phénomène de fuites vers le Maroc, les autorités françaises décideront l’augmentation de la cavalerie et des spahis dans le cercle d’Ain Sefra, mais aussi feront migrer un grand nombre de tentes 343 des cAmur vers l’Est, à destination de l’annexe d’Aflou. Cette migration et le cantonnement des cAmur dans l’annexe d’Aflou débuteront en septembre 188856. La décision des autorités françaises précipitera au contraire la fuite de certaines tentes des cAmur restées dans le cercle d’Ain Sefra, vers l’Ouest, vers le Maroc, de peur de l’internement dans l’annexe d’Aflou. Du fait du cantonnement dans l’annexe d’Aflou et des fuites vers le Maroc, en novembre 1888, sur 697 tentes appartenant aux cAmur, seulement 95 se trouveront effectivement dans l’annexe d’Ain Sefra. La majorité des tentes se trouvera dans l’annexe d’Aflou 346, puis au Maroc 251 cf. tableau 2. 57 État joint à la correspondance du général de brigade, commandant de la subdivision de Mascara O’N ... Tableau 2. Novembre 1888, état des tentes des cAmûr57 Tribus À Aflou Au Maroc À Ain Sefra Territoire algérien autre qu’Ain Sefra et Aflou Total Souala 114 64 16 0 194 Ouled Selim 96 130 48 3 277 Ouled Gottib 88 11 19 2 120 Ouled Abdallah 48 46 12 0 106 Total 346 251 95 5 697 58 Correspondances dans les documents microfilmés des archives d’Outre-Mer, référence 66miom/109/3. 37À partir de 1892, les cAmur cantonnés à l’Est rentreront progressivement dans le cercle d’Ain Sefra58. En 1894, la subdivision militaire d’Ain Sefra est créée. 59 Correspondances dans les documents microfilmés des archives d’Outre-Mer, référence 66miom/109/4. 38Dans une correspondance datée du 5 avril 1898 et adressée à Monsieur le général commandant la division d’Oran, le général Gaillard de Saint-Germain, commandant la subdivision d’Ain Sefra, proposera une nouvelle organisation du cercle d’Ain Sefra, du fait des fuites et retours des tentes59. Il indique qu’en 1898, les cAmûr forment 6 tribus Awlâd Sliman, Awlâd cAmr, Awlâd Shahmi, Awlâd cAbdallah, Awlâd Gtayb et Mrinat. Il demande de les réduire à quatre, qui prendraient les dénominations de Swala, Awlâd Bûbkar, Awlâd Salim et Mrinat. Il les présente ainsi 1. Tribu des Souala environ 150 tentes. Elle comprendrait les tribus actuelles des Oulad Sliman et des Oulad Ameur, auxquelles on ajouterait les Oulad Alyat récemment rentrés de l’Ouest et placés sous le commandement du caid de Tyout […]. 2. Tribu des Oulad Boubekeur environ 80 tentes. Elle comprendrait les deux tribus actuelles des Oulad Abdallah et des Oulad Gottib auxquelles on joindrait les Medabiah nouvellement rentrés et actuellement placés sous les ordres du caïd du Ksar de Sfissifa […]. 3. Tribu des Oulad Selim. Elle comprendrait la tribu actuelle des Oulad Chahmi à laquelle on joindrait la tribu actuelle des Oulad Bou Chareb […]. 4. Les Merinat environ 100 tentes continueraient à former à eux seuls une tribu unique ». 60 Correspondance du gouverneur général d’Algérie à Monsieur le général commandant la division d’Oran ... 39Il indique par ailleurs que, mise à part la tribu des Mrinat, qui compte une centaine de tentes et à laquelle, pour cette raison, il ne touchera pas, les autres tribus du cercle d’Ain Sefra en comprennent entre 15 à 50 et qu’elles formeraient en d’autres régions de simples douars. Il estime aussi que le groupement des cAmûr en un nombre restreint de caïdats a été, de 1884 à 1888, l’une des causes du départ en dissidence de la plus grande partie de ces indigènes ». Par la suite, dans sa correspondance du 21 octobre 1898, le général Gaillard de Saint-Germain inclura les Mrinat dans la tribu des Awlâd Salim, soit 3 tribus Swala, Awlâd Salim, Awlâd Bûbkar. Le 6 septembre 1898, le gouverneur général d’Algérie accepte la nouvelle organisation à donner aux cAmûr et propose de nommer Si Moulay Ben Miloud, un des marabouts de Tiout, au titre de caïd des caïds60. 40En fait, avec cette nouvelle organisation, on en revient à la première, celle de 1855 laquelle s’appuyait sur la réalité locale, directement observable, c’est-à-dire en trois tribus Swala, Awlâd Salim et Awlâd Bûbkar. Toutefois celles-ci ne sont plus composées de la même manière. Les Lamdabih par exemple ont migré en masse au Maroc et, de fait, la tribu des Awlâd Bûbkar ne comprend plus cette fraction. Par ailleurs, ce nouvel agencement des tribus n’arrêta ni les fuites, ni les résistances à l’occupation. La création du territoire militaire d’Ain Sefra et l’organisation des tribus 61 Capitaine Mesnier, Monographie… 62 En 1885, l’annexe créée à Mecheria dépendait du cercle d’Ain Sefra mais au moment de la réorganisa ... 63 Il s’agit de l’actuelle El Bayadh. 64 Il s’agit de l’actuelle Bechar. 65 René-Victor Vâlet indique concernant les territoires du Sud que les communes mixtes ne diffèrent ... 66 Les titres de bachaga et d’agha étaient repris de l’administration ottomane. Ils désignaient les g ... 67 Capitaine Mesnier, Monographie…, p. 75. 41En 1905, le territoire militaire d’Ain Sefra fut créé. Ce territoire qui remplaça la subdivision décret du 12 décembre 1905 était placé sous l’autorité d’un général de brigade qui dépendait directement, au point de vue administratif, du gouverneur général de l’Algérie et, au point de vue militaire du général commandant le 19e corps d’armée61. Il était divisé en trois cercles Mecheria62, Geryville63 et Colomb et deux annexes Ain Sefra et Beni Ounif et comprenait trois communes mixtes Ain Sefra, Mecheria, Geryville et deux communes indigènes Colomb64 et Timimoun65. Les communes mixtes étaient administrées par une commission municipale composée du commandant supérieur du cercle ou du chef de l’annexe il en était le président, du chef du bureau des Affaires indigènes ou de l’officier du bureau venant immédiatement après lui il en était l’adjoint, d’un adjoint spécial français, des conseillers municipaux élus, des caïds. Le bachaga de Geryville et l’agha des cAmûr et des Ksour faisaient partie de la commission qui siégeait à Geryville et Ain Sefra66. La commune mixte d’Ain Sefra fut créée par arrêté du 4 juin 1885. Elle était composée au début de deux sections celle d’Ain Sefra et celle de Mecheria. Plus tard la section de Mecheria fut rattachée au cercle de même nom. En 1904, Ain Sefra à elle seule devint commune mixte. En 1914, elle comprenait deux sections le centre d’Ain Sefra, avec les tribus des cAmûr et les Ksour de la région 1ère section et le centre de population de Beni Ounif et l’annexe du même nom 2e section67. 68 La section de commune normale » n’a pas de représentation spéciale. René-Victor Vâlet, Le Sahara ... 42L’annexe d’Ain Sefra comprend par ailleurs un maghzen soldé avec un chef de maghzen et quatre-vingt-quatre cavaliers, cinq tribus nomades, six ksour et le douar maghzen. Chaque tribu nomade et chaque ksar est commandé par un caïd qui est assisté d’une assemblée djemaa ou jamaca composée de notables tribaux. La tribu a bel et bien, comme dans l’ensemble des territoires du Sud, une existence institutionnelle et juridique. Elle constitue en fait une section de commune privilégiée, possédant un conseil permanent, la jamaca, chargée d’administrer ses biens et de défendre ses intérêts68. 69 Anonymes et Schmidt, Histoire... », p. 4. 70 Il y eut de nombreux abus de la part des administrateurs dans l’attribution des noms, en témoignen ... 43Les caïds des tribus ou ksour de l’annexe sont placés sous l’autorité de l’agha des cAmûr et des ksour d’Ain Sefra, Si Moulay Ould Si Mohammed ben Miloud Si Mûlay Awlâd Si Muhammad ban Milûd. Celui-ci, investi des fonctions de caïd des caïds le 27 septembre 1898, fut nommé agha le 3 février 190069. En 1934, la tribu des Swala est rattachée au ksar de Tiout, celle des Awlâd Bûbkar au ksar de Sfissifa. À cette même époque, le régime de l’État civil est mis en place. On donne aux membres des tribus des noms patronymiques et dans les registres est indiquée, outre les caractéristiques personnelles nom, prénom, date de naissance…, l’appartenance tribale70. Alors qu’ailleurs les états civils contribuent à définir et à rendre tangibles les identités et appartenances nationales, dans les territoires du Sud, elles participent à préserver ou à fabriquer des identités et des clivages tribaux et/ou ethniques entre nomades arabes et gens des qsûr berbères. 71 Ces fractions firent valoir que tous leurs intérêts étaient du côté de l’annexe d’Ain Sefra dont ... 72 Territoire sous gestion d’un agha. 73 Anonymes et Schmidt, Histoire... », p. 27-28. 44Parallèlement, suite à la demande des membres de deux fractions des Awlâd Sid Ahmad Majdûb, les Awlâd Sidi Muhammad et les Awlâd Sidi Abû al Anwar, le gouverneur général d’Algérie prononce, le 5 mai 1904, leur mutation dans l’annexe d’Ain Sefra71, en spécifiant que cette nouvelle tribu sera indépendante de l’agha des cAmûr et des ksour, comme les Awlâd Sid Ahmad Majdûb sont indépendants du bachaga des Awlâd Sidi Shaykh. Par la suite, le 1er septembre 1904, le gouverneur général d’Algérie prononce le rattachement de la tribu nouvellement formée des Awlâd Sidi Muhammad et Awlâd Sidi Abû al Anwar à l’aghalik72 des cAmûr. En 1910, la question de la fusion des Awlâd Sidi Muhammad et Awlâd Sidi Abû al Anwar dépendants d’Ain Sefra et des Awlâd Sid Ahmad Majdûb dépendants de Geryville est étudiée. Par décision du 10 décembre 1914, le gouverneur général d’Algérie décide la fusion des Awlâd Sidi Muhammad et Awlâd Sidi Abû al Anwar avec les Awlâd Sid Ahmad Majdûb. Cette nouvelle tribu dénommée Awlâd Sid Ahmad Majdûb et Abû al Anwar, puis simplement Awlâd Sid Ahmad Majdûb est rattachée à l’annexe d’Ain Sefra. En 1934, on fusionne le ksar d’Asla à la tribu des Awlâd Sid Ahmad Majdûb pour n’en former qu’une seule, appelée tribu des Awlâd Sid Ahmad Majdûb et Asla, avec un seul caïd Si Muhammad Mûstafa ban Si Mûlay, d’origine shûrfa73. Conclusions 45Les réorganisations de la confédération des cAmûr et de la tribu des Awlâd Sid Ahmad Majdûb donnèrent un caractère plus formel aux tribus, avec une organisation bien précise, faisant d’elles, en définitive, des entités encore plus cohérentes. La volonté des autorités françaises était de garder cette organisation en tribus, qui leur semblait plus contrôlable. L’exemple de la tribu de Moghrar Fougani l’atteste. Alors qu’une grande partie des Awlâd Sidi Tadj avait fui au Maroc, les autorités essayèrent de constituer de toute pièce une tribu en organisant sous le même caïdat les quelques Awlâd Sidi Tadj restants, les habitants du ksar de Moghrar Fougani et la fraction des Shwarab qui nomadisait aux environs. 74 Isabelle Eberhardt raconte que certains des membres de cette tribu se retrouvèrent rattachés au ca ... 46S’il y a eu des modifications durant cette période, celles-ci ne remettent donc pas en cause la tribu en tant que système spécifique d’organisation sociale. Certaines tribus se retrouvent, certes amoindries, sur le territoire du Haut Sud-Ouest parce que beaucoup de leurs membres sont morts au combat ou ont fui au Maroc. C’est notamment le cas de la tribu des Awlâd Sidi Tadj74, à laquelle appartenait Sidi Abû cAmama. Mais l’organisation en tribus n’est pas fondamentalement remise en cause. Par ailleurs, les rapports entre les tribus et la population française demeurent assez faibles en dehors des centres urbains de Mecheria et d’Ain Sefra. 47Moins en contact avec la population française, les membres des cAmûr et plus encore des Awlâd Sid Ahmad Majdûb, plus éloignés du centre de commandement d’Ain Sefra, inquiètent cependant toujours les autorités parce que, du fait même de leur mode de vie nomade, ils apparaissent comme moins contrôlables et en cas de rébellion, ils ont un avantage non négligeable ils connaissent mieux que quiconque le territoire du Haut Sud-Ouest. Le rattachement des tribus aux ksour fut donc une mesure pour tenter de contrôler les tribus nomades de la région. Elle eut pour conséquence d’exacerber les antagonismes entre les tribus nomades d’ascendance arabe » et les habitants des ksour d’ascendance berbère ». 48Dans le Haut Sud-Ouest, les autorités françaises tentèrent ainsi de maîtriser les tribus notamment en nommant leurs caïds et en contrôlant les déplacements des éléments nomades. Cette dernière mission incombait en partie au makhzen, un bataillon formé d’indigènes payés par les autorités françaises et supervisés par l’armée. 75 Cette politique du contrôle militaire des tribus et de la nomination de caïds des caïds, de grands ... 76 Nous devons ces informations à Hadj Sassi. Il est l’une des rares personnes, encore vivante, à avo ... 49Outre ce fait, la mise en place d’un caïd des caïds septembre 1898, le bachagha Si Moulay, atteste de la volonté des autorités françaises de préserver un ordre politique de type traditionnel et d’organiser les tribus selon les coutumes locales75. La désignation de Si Moulay à ce poste n’est pas fortuite. Celui-ci est en effet reconnu comme descendant d’un des marabouts les plus influents et les plus renommés de l’Ouest algérien, le sharif Sid Ahmad Ban Yûsaf de Miliana. L’autorité de Si Moulay, en tant que sharif du fait de cette ascendance supposée, est donc largement acceptée par les tribus de la région. Il eut pour adjoint son fils, Si Khaladi. Ce dernier faisait partie des nouvelles générations, celles formées par l’école française. Il aurait aboli, dans la région d’Ain Sefra, les corvées qui consistaient à nourrir de force les sections de militaires spahis en patrouille, aux frais des populations déjà misérables. Il tenta en outre d’abolir les amendes collectives des tribus76. Suite au décès de son père, Si Khaladi fut nommé chef indigène, bachagha, de 1932 à 1956. 50Lorsque les autorités nommèrent Si Khaladi, suite au décès de Si Moulay, elles ne firent que perpétuer un principe important dans le monde tribal, celui de la filiation ou plus exactement de l’unifiliation. La désignation de Si Khaladi à la succession de Si Moulay était donc normale compte tenu du contexte tribal. Selon le principe de l’unifiliation, les droits et devoirs attribués à son père lui incombaient naturellement ». En outre, chaque tribu payait collectivement les amendes imposées par les autorités françaises suite aux infractions de l’un ou de plusieurs de ses membres. La pratique de l’amende collective illustre le fait que les autorités reconnaissaient en fait la responsabilité de la tribu, du groupe, sur ses éléments. En cela, elles ne firent encore qu’appliquer un autre principe important du monde tribal celui de la solidarité intratribale. Elles estimaient que les membres des tribus formaient, autre caractéristique essentielle de la tribu, des corporate groups, des groupes faisant corps », et se devaient donc d’être solidaires et responsables collectivement.